Il n’a pas la notoriété internationale d’Aliko Dangote. Mais il avance, régulièrement, vers lui. Abdulsamad Rabiu, 65 ans, fondateur du BUA Group, a vu sa fortune exploser de 120 % en un an, passant de 5,1 à 11,2 milliards de dollars, propulsé par la performance exceptionnelle de BUA Cement, dont les actions ont bondi de 135 % à la Bourse de Lagos. Il est désormais le troisième homme le plus riche d’Afrique. Il était sixième il y a un an.
Rabiu est un self-made man au sens strict du terme. Né en 1960 à Kano, dans le nord-ouest du Nigeria, il fonde le BUA Group dans les années 1980, d’abord dans le commerce, puis dans les matériaux de construction. Aujourd’hui, son groupe est présent dans le ciment, le sucre, la chimie et l’immobilier, un empire industriel qui rivalise directement avec celui de Dangote sur le marché du ciment nigérian, l’un des plus importants d’Afrique.
Abdul Samad Rabiu et Aliko Dangote, deux premières fortunes du Nigeria.
Ce duel entre les deux géants nigérians du béton n’est pas anodin. Il dit quelque chose de l’économie du continent : les marchés africains génèrent désormais une concurrence interne qui fait baisser les prix, stimule l’investissement et profite, en bout de chaîne, aux consommateurs et aux États.
Discret, peu médiatique, Rabiu préfère les chiffres aux déclarations. Son ascension en dit plus long que n’importe quel discours sur la capacité de l’entrepreneuriat africain à produire de la valeur à grande échelle. À surveiller : la trajectoire de BUA Cement dans les prochains mois, et sa capacité à s’étendre hors du Nigeria.
