Le rapport annuel du Stockholm International Peace Research Institute, publié le 9 mars, livre un constat sans ambiguïté sur l’Afrique : les importations d’armes du continent ont chuté de 41 % entre 2021 et 2025. À rebours de cette tendance, un seul pays fait exception.
Le Maroc a augmenté ses importations d’armes de 12 % sur la période 2021-2025 par rapport aux cinq années précédentes, se positionnant au 28e rang mondial des importateurs d’armements et en tête du continent africain.
Les États-Unis ont représenté environ 60 % des livraisons au Royaume entre 2021 et 2025, suivis d’Israël avec 24 % et de la France avec 10 %. Ces chiffres traduisent un renforcement récent de la coopération militaire entre Rabat et Tel Aviv, notamment dans le domaine des systèmes de surveillance.
Le SIPRI pointe la dynamique géopolitique qui sous-tend ces achats. « Les tensions persistantes entre le Maroc et l’Algérie constituent l’un des principaux facteurs expliquant l’importance de leurs achats d’armement », note l’Institut. L’Algérie, longtemps premier importateur du continent, a vu ses importations officielles chuter de 78 % — mais le SIPRI précise aussitôt que cette baisse est à prendre avec prudence, Alger étant traditionnellement très discrète sur ses acquisitions militaires.
Une course aux armements discrète, entre deux voisins qui ne se parlent plus, sur un continent qui s’arme globalement moins. Le paradoxe maghrébin, en chiffres.
