Economie

Ngozi Okonjo-Iweala : la Nigériane qui tient le destin du commerce mondial

Ngozi Okonjo-Iweala

Elle a grandi dans le delta du Niger. Elle a étudié à Harvard et au MIT. Elle a servi deux fois son pays comme ministre des Finances. Et depuis 2021, elle dirige l’Organisation mondiale du commerce, la première femme, la première Africaine à occuper ce poste dans l’histoire de l’institution. Ce jeudi, c’est elle qui a ouvert les travaux de la 14e conférence ministérielle de l’OMC à Yaoundé, devant les délégations de 164 pays membres.

« Le système du commerce mondial connaît ses pires perturbations depuis 80 ans » a-t-elle déclaré d’entrée. Une phrase qui dit tout sur l’époque — et sur le poids de la mission qu’elle porte.

Une trajectoire hors normes

Née le 13 juin 1954 à Ogwashi-Uku dans le delta du Niger, d’une mère professeure de sociologie et d’un père professeur d’économie issus de familles à rang royal,  Ngozi Okonjo-Iweala n’a jamais suivi un chemin ordinaire. Elle a travaillé 25 ans à la Banque mondiale comme économiste du développement, jusqu’à en devenir le numéro 2 avec un portefeuille opérationnel de 81 milliards de dollars couvrant l’Afrique, l’Asie du Sud, l’Europe et l’Asie centrale.

Au Nigeria, elle a marqué les esprits comme ministre des Finances à deux reprises. Elle s’est attelée à réduire la corruption et la dette publique, publiant les recettes de l’industrie pétrolière pour que « l’argent du pétrole aille dans les écoles et les hôpitaux plutôt que dans les poches de quelques-uns ». Une posture qui lui a valu des surnoms « l’emmerdeuse » selon certains milieux d’affaires nigérians et une réputation internationale.

La conquête de l’OMC

En 2021, sa nomination à la tête de l’OMC n’est pas allée de soi. Donald Trump, lors de son premier mandat, avait bloqué sa candidature. Ce n’est qu’après l’élection de Joe Biden qu’elle a pu être nommée, le 15 février 2021. Reconduite en novembre 2024 pour un second mandat de quatre ans démarré le 1er septembre 2025, elle se retrouve aujourd’hui face à la même administration Trump qui l’avait bloquée mais cette fois en position de force, depuis Yaoundé.

L’Afrique au centre du jeu

Le choix du Cameroun pour accueillir cette conférence seulement la 2e fois en Afrique après Nairobi 2015 n’est pas anodin pour Okonjo-Iweala. C’est sur son continent qu’elle doit démontrer que l’OMC peut encore produire des résultats pour les pays en développement. Les revendications africaines sur les subventions agricoles, le coton, l’accès aux marchés numériques tous ces dossiers qu’elle connaît de l’intérieur sont au cœur de l’agenda de Yaoundé.

Elle est arrivée à la conférence avec un avertissement : « Le statu quo n’est pas une option » Pour une femme dont toute la carrière a consisté à bousculer l’ordre établi, la formule sonne comme une promesse.

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