Connect with us

    Hi, what are you looking for?

    Oeil d'Afrique
    Oeil d'AfriqueOeil d'Afrique

    À la Une

    [Exclusivité] : Comment Gims a échappé à la prison grâce à son passeport diplomatique congolais

    Gims

    Il a été interpellé à l’aéroport Charles-de-Gaulle le 25 mars, placé en garde à vue, mis en examen pour blanchiment aggravé en bande organisée. Et pourtant, Gandhi Djuna  alias Gims  a quitté les locaux du Parquet national anticriminalité organisée libre, sous simple contrôle judiciaire. Comment l’un des artistes francophones les plus suivis au monde a-t-il évité la case prison alors que l’enquête qui le vise est d’une gravité rare ? Selon une source proche du dossier contactée par la rédaction d’Oeil d’Afrique, la réponse tient en deux mots : passeport diplomatique.

    Une mobilisation discrète mais décisive

    Dès les premières heures de la garde à vue, selon notre source, les avocats de Gims ont enclenché une démarche parallèle à la procédure judiciaire. Ils ont contacté l’ambassade de la République démocratique du Congo à Paris ainsi que le ministère des Affaires étrangères congolais à Kinshasa pour faire valoir le statut particulier de leur client. L’argument avancé : Gandhi Djuna est ambassadeur culturel officiel de la RDC, détenteur d’un passeport diplomatique délivré par le président Félix Tshisekedi en personne. À ce titre, il se trouvait en mission représentative et ne pouvait donc pas être traité comme un justiciable ordinaire.

    Selon notre source, cette démarche a pesé dans la balance au moment où les magistrats instructeurs ont statué sur les suites à donner à la garde à vue. Plutôt qu’un mandat de dépôt, Gims a été placé sous contrôle judiciaire strict obligation de rester joignable, interdiction de contacter certaines personnes, versement d’un cautionnement, obligation d’informer le magistrat de tout déplacement.

    Le passeport diplomatique : bouclier ou illusion ?

    Le statut de Gims mérite qu’on s’y arrête. En 2022, le président Tshisekedi a nommé Gandhi Djuna  ainsi que son frère Dadju  ambassadeur culturel de la République démocratique du Congo. Une distinction honorifique assortie d’un passeport diplomatique, document que l’artiste porte habituellement sur lui lors de ses déplacements.

    Mais ce document a ses limites. Le droit international est précis sur ce point : un passeport diplomatique ne confère d’immunité réelle qu’à condition d’être accompagné d’une lettre de mission officielle émanant de la présidence ou du ministère des Affaires étrangères, et d’être reconnu par l’État sur le territoire duquel le titulaire se trouve. Sans ces conditions réunies, le document reste un signal politique  pas un bouclier juridique absolu.

    Ce que nos sources indiquent, c’est précisément que les avocats de Gims auraient obtenu, dans l’urgence, les éléments permettant de justifier d’une mission en cours — transformant ainsi un statut honorifique en argument recevable devant les magistrats.

    Une information qu’Oeil d’Afrique publie en exclusivité

    Cette information n’a pas été confirmée par le Parquet national anticriminalité organisée, dont le communiqué officiel du 27 mars se contente d’indiquer que Gims a été « remis en liberté à l’issue de sa mise en examen et placé sous contrôle judiciaire ». L’ambassade de RDC à Paris n’a pas non plus communiqué publiquement sur son éventuelle intervention dans le dossier.

    Oeil d’Afrique publie cette information sur la base d’une source proche du dossier, dont la crédibilité a été vérifiée par notre rédaction.

    Libre, mais sous surveillance

    La liberté de Gims n’est pas totale. Le contrôle judiciaire auquel il est soumis est contraignant : il ne peut pas contacter certaines personnes désignées par les juges d’instruction, doit verser un cautionnement dont le montant n’a pas été rendu public, et doit informer les magistrats de tout déplacement. Pour un artiste dont le mode de vie se partage entre Marrakech, Dubaï et Paris, ces restrictions sont substantielles.

    L’enquête, elle, se poursuit. Trois juges d’instruction spécialisés du tribunal judiciaire de Paris sont saisis depuis juin 2023. Quinze personnes ont déjà été mises en examen dans ce dossier, dont cinq sont actuellement détenues. Les investigations portent sur un réseau présumé de blanchiment massif impliquant plus de 2 000 entreprises, et sur des investissements immobiliers à l’étranger  dont le projet Sunset Village à Marrakech  soupçonnés d’être financés par des fonds d’origine illicite.

    Gims, lui, est présumé innocent. Mais il sait désormais que son passeport diplomatique congolais cadeau d’un président à un artiste est peut-être la chose la plus précieuse qu’il possède.

    Laisser un commentaire

    Leave a Reply

    Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

    Lire aussi

    Uncategorized

    Le brouillard s’est dissipé. Après les informations parcellaires des premiers jours, le Parquet national anticriminalité organisée a publié ce vendredi 27 mars un communiqué...

    Ailleurs dans le monde

    Pendant que l’Est du pays brûle et que les négociations de Doha peinent à produire un cessez-le-feu durable, la République démocratique du Congo continue...

    À la Une

    Il venait de célébrer l’Aïd à Dubaï. Il a été accueilli par les enquêteurs. Ce mercredi 25 mars, aux environs de midi, le chanteur...

    Sports

    Il avait traversé la tempête. Il en sort debout. Après plusieurs mois d’accusations et de pressions qui avaient ébranlé sa réputation au sein du...