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    Guerre Iran-Israël : Trump dit « cessez-le-feu », Téhéran dit non

    Donald Trump
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    Ce mercredi 1er avril, Donald Trump a publié sur son réseau Truth Social une annonce qui a fait trembler les marchés mondiaux : « Le président du nouveau régime iranien vient de demander un cessez-le-feu aux États-Unis d’Amérique. Nous l’envisagerons quand le détroit d’Ormuz sera ouvert, libre et dégagé. Jusque-là, nous allons bombarder l’Iran jusqu’à l’anéantissement. » Quelques heures plus tard, le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, démentait catégoriquement : « Les déclarations de Trump au sujet de la demande de cessez-le-feu de l’Iran sont fausses et dénuées de tout fondement. » Sur le terrain, les Gardiens de la Révolution ont affirmé que le détroit d’Ormuz resterait fermé aux ennemis du pays « malgré les gesticulations ridicules du président américain ». Trente-trois jours de guerre. Des milliers de morts. Et le détroit d’Ormuz toujours fermé.

    Ce que cette guerre coûte à l’Afrique

    Les Africains ne sont ni à Téhéran, ni à Tel-Aviv, ni à Washington. Ils ne votent pas pour Trump, n’ont pas élu Netanyahu, ne siègent pas au Conseil de sécurité. Pourtant, c’est eux qui paient.

    Au Kenya, 24 millions de dollars de thé bloqués à Mombasa. Au Sahel, des prix des denrées qui grimpent avec le kérosène. En Afrique de l’Est, des stations-service en rupture de carburant. Sur tout le continent, des billets d’avion hors de portée des classes moyennes africaines depuis que le kérosène a flambé de 76 % depuis le début du conflit. Le Moyen-Orient représente un marché d’exportation majeur pour les produits agricoles kényans et environ 65 % du marché est-africain du thé est affecté par cette guerre.

    La géographie est impitoyable. L’armateur CMA-CGM a suspendu le canal de Suez et dérouté ses navires via le Cap de Bonne-Espérance rallongeant chaque trajet de plusieurs semaines, renchérissant chaque importation, fragilisant chaque exportateur africain qui dépend de ces routes pour vivre.

    Emmanuel Macron depuis Tokyo

    De passage au Japon, le président français a esquissé une position qui mérite d’être notée depuis l’Afrique. Macron a déclaré que la France n’avait « pas été consultée » sur le lancement de la guerre, et qu’elle n’y prenait « pas part ». Il a proposé que la France et d’autres pays non belligérants, Japon, pays d’Afrique, Europe jouent un rôle pour assurer le transit pacifique à travers le détroit d’Ormuz, en précisant qu’il ne s’agirait « pas du tout d’une option militaire ».

    L’Union africaine, elle, est absente du débat. Aucune voix africaine collective ne s’est imposée dans cette crise ni pour proposer une médiation, ni pour faire entendre les conséquences économiques du conflit sur le continent le plus durement frappé par les perturbations des routes maritimes. Le Royaume-Uni a de son côté rassemblé 35 nations pour travailler à la sécurité maritime dans le Golfe. L’Afrique n’y est représentée que comme spectatrice.

    Ce qui se joue dans le détroit d’Ormuz n’est pas seulement la bataille de deux puissances. C’est l’avenir des économies africaines, suspendues aux décisions de belligérants qui ne leur ont rien demandé et qui ne leur devront rien non plus.

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