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Sénégal : derrière la loi, un peuple uni, 97 % des Sénégalais approuvent le durcissement

Le peuple sénégalais contre l'homosexualité
Dans les démocraties, la question fondamentale est simple : les élus traduisent-ils la volonté de ceux qui les ont mandatés ? Au Sénégal, sur la question de l’homosexualité, les chiffres apportent une réponse claire.

Les données Afrobarometer sont sans ambiguïté : 97 % des Sénégalais déclarent qu’ils « détesteraient » ou « n’aimeraient pas du tout » avoir un voisin homosexuel. 89 % soutiennent l’idée que le gouvernement doit sévir contre les relations entre personnes de même sexe pour préserver la morale publique. Ce sont parmi les taux les plus élevés jamais enregistrés sur ce sujet dans le monde.

Ce qui donne à ces chiffres leur poids particulier, c’est leur constance. Le soutien à la criminalisation ne varie presque pas selon l’âge, le niveau d’éducation ou la région du pays. Un étudiant de l’université Cheikh Anta Diop et un commerçant du marché Sandaga répondent de la même manière. La jeunesse sénégalaise, souvent présentée comme potentiellement plus ouverte sur ces questions, partage le même positionnement que les générations plus âgées. Ce n’est pas un héritage en train de s’éroder. C’est une conviction partagée, ancrée et transmise.

Par ailleurs, ces mêmes Sénégalais se montrent ouverts sur d’autres sujets : tolérance ethnique, coexistence religieuse, accueil des travailleurs immigrés. L’homosexualité est le seul sujet qui génère ce niveau de consensus. Un analyste d’Afrobarometer l’a formulé lors de la présentation du Round 10 : « Au Sénégal, s’opposer à l’homosexualité, c’est protéger la Téranga et les valeurs ancestrales contre ce qu’ils perçoivent comme une agression extérieure. C’est devenu le marqueur ultime de l’identité nationale et religieuse. »

Fatou, commerçante à dakar, le dit avec des mots simples qui rejoignent les statistiques : « Nos religions sont claires. Le Sénégal est une terre de foi. Ce n’est pas une question de haine, c’est une question de qui nous sommes. »

Le 11 mars, les députés ont voté le texte par 135 voix pour, aucune contre et trois abstentions. Un score qui traduit moins une pression du pouvoir sur les élus qu’un alignement de ces élus sur une réalité sociale documentée. Le ministre de l’Intérieur l’a formulé sans détour : « Le Sénégal est un pays ouvert au monde. Mais cette ouverture ne peut justifier que nous renoncions à nos valeurs. »

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