Il y a des joueurs qui font une belle carrière. Il y a des joueurs qui font une carrière complète. Et puis il y a Meschack Elia, le joueur de la sélection congolaise actuelle qui, à 28 ans, a coché la qusi totalité des cases du football. Avec la qualification des Léopards pour la Coupe du monde 2026, le tableau sera plein.
De Kinshasa aux grandes scènes
Meschack Elia est né le 6 août 1997 à Kinshasa. Son talent est découvert par Alain le Jeune, président du centre d’initiation des enfants congolais au football, le CIECF. En 2012, il participe au Tournoi Airtel Jeunes talents avec une équipe qui se qualifie pour la phase finale au Kenya. Il rejoint le CS Don Bosco en 2014, puis signe au Tout Puissant Mazembe en janvier 2016.
La trajectoire aurait pu s’arrêter là, dans les ligues africaines, à Lubumbashi. Elle a pris une autre direction. Une direction tracée par un talent que le CHAN 2016 a révélé au monde ou du moins à ceux qui regardaient.
Lors de ce Championnat d’Afrique des nations organisé au Rwanda, il devient un élément majeur de la sélection. Il marque en finale contre le Mali, ouvre le score sur une déviation de la tête de Jonathan Bolingi. Il termine meilleur buteur de la compétition avec quatre buts et est élu meilleur joueur du tournoi. La RDC remporte le titre. Meschack Elia, lui, remporte une visibilité continentale.

Meschack-Elia au TP Mazembe
Mazembe, le berceau des grandes compétitions africaines
Au cours de son passage au TP Mazembe, Meschack Elia remporte une Supercoupe de la CAF en 2016 et deux Coupes de la Confédération CAF en 2016 et 2017. En quatre ans, il marque 21 buts en 93 matchs. C’est au Mazembe qu’il découvre ce que signifie jouer pour un club africain aux ambitions continentales, la Ligue des Champions de la CAF, les nuits sous floodlights, la pression des derbies interafricains.
Après le CHAN 2016, des clubs européens s’intéressent à lui. Des négociations sérieuses s’engagent avec le FC Porto, sans aboutir. Bursaspor, Standard de Liège, le chemin vers l’Europe se dessine mais prend du temps. Le joueur retourne à Mazembe, continue de grandir, attend son heure.

Meschack-Elia au Young Boy
Young Boys : l’Europe comme nouveau terrain
En février 2020, il rejoint le BSC Young Boys de Berne. Ce transfert, au bout d’un bras de fer administratif avec Mazembe sur la validité de son contrat, ouvre une nouvelle séquence de carrière. Il dispute la qualification de l’UEFA Europa League contre le KF Tirana en octobre 2020. Il marque son premier but en Europa League le 18 février 2021 contre le Bayer 04 Leverkusen lors d’une victoire 4-3.
Avec Young Boys, il remporte le championnat de Suisse en 2020, 2021, 2023 et 2024. Quatre titres nationaux. Un palmarès de joueur de pointe dans un championnat compétitif. Et puis l’étape que peu d’ailiers africains ont connue : la Ligue des Champions UEFA. Titulaire lors du match de la phase de poules de la Ligue des champions 2023-24 contre l’Étoile Rouge de Belgrade, il joue toutes les minutes d’une victoire 2-0 qui qualifie Young Boys pour la Ligue Europa.
En février 2025, il est prêté au FC Nantes lors de l’ultime journée du mercato hivernal pour six mois, assorti d’une option d’achat. La Ligue 1 française. Une nouvelle ligue, une nouvelle vitrine. Puis Alanyaspor en Turquie à partir de septembre 2025, où il est sous contrat jusqu’en 2028.

Meschack-Elia au FC Nantes
Le palmarès qui dit tout
Prenons le temps de le lire en entier, parce qu’il est rare. CHAN 2016 : vainqueur, meilleur joueur, meilleur buteur. Coupe de la Confédération CAF, deux fois vainqueur avec Mazembe. Ligue des Champions de la CAF disputée avec Mazembe. À la CAN , il a rois participations avec les Léopards, en 2019, 2023 et 2025. Europa League UEFA, il disputée avec Young Boys. Ligue des Champions UEFA et disputée avec Young Boys. Coupe du monde 2026, il qualifié avec la RDC.
Il est également élu meilleur joueur du CHAN 2016 et termine meilleur buteur de la compétition. Wikipedia Pour un joueur sorti d’un quartier de Kinshasa, repéré dans un tournoi de jeunes, ce tableau est vertigineux.
L’homme derrière le joueur
Ce que le palmarès ne dit pas, c’est la patience. Meschack Elia a attendu l’Europe plus longtemps que son talent ne le justifiait. Il a traversé des périodes de flou contractuel, des clubs qui hésitaient, des négociations qui n’aboutissaient pas. Il est revenu à Mazembe quand Porto ne s’était pas décidé. Il a continué à travailler quand Anderlecht avait pris d’autres dispositions en son absence à la CAN.
Cette endurance, cette capacité à ne pas se perdre dans les à-côtés, est peut-être sa qualité la plus précieuse. Il a adressé ses excuses au président Moïse Katumbi et au TP Mazembe au moment de son départ pour Young Boys, en reconnaissant publiquement sa faute. Un geste rare dans le football, qui dit quelque chose de l’homme.
Juin 2026 : la dernière case
Il sera là. La RDC est placée dans le groupe K de la Coupe du monde 2026, aux côtés du Portugal, de la Colombie et de l’Ouzbékistan. Des adversaires de calibre mondial, des nuits sous les projecteurs planétaires, des millions de téléspectateurs qui découvriront peut-être pour la première fois ce nom : Meschack Elia.
Lui, il connaît déjà le chemin. Il l’a tracé lui-même, pas à pas, depuis les terrains en terre battue de Kinshasa jusqu’aux pelouses de la Ligue des Champions. La Coupe du monde n’est pas son point de départ. C’est son aboutissement et peut-être aussi son nouveau commencement.
































