La police sud-africaine a annoncé le 16 avril 2026 l’interpellation de trois individus, parmi lesquels l’activiste panafricaniste Kémi Seba, son fils Khonsou Seba Capo Chichi, 18 ans, et un complice, François van der Merwe. L’arrestation a eu lieu le 13 avril lors d’une opération de renseignement dans un centre commercial de Pretoria.
Les trois suspects ont comparu brièvement devant le tribunal de première instance de Brooklyn à Pretoria. Leur comparution a été reportée au 20 avril 2026. Ils ont été placés en détention provisoire, une procédure d’extradition étant en cours.
Le complice aurait reçu 250 000 rands, soit environ 13 000 euros, pour organiser le passage clandestin du père et du fils vers le Zimbabwe via le fleuve Limpopo. Selon les autorités sud-africaines, ils comptaient poursuivre leur route vers l’Europe.
Le Bénin attend ce moment depuis quatre mois. Dans la nuit du 7 décembre 2025, des soldats des Forces armées béninoises dirigés par le lieutenant-colonel Pascal Tigri ont annoncé à la télévision nationale le renversement du président Patrice Talon. La tentative a été déjouée dans la journée, avec l’appui de l’armée nigériane et de forces françaises venues d’Abidjan. Kémi Seba avait salué l’événement sur ses réseaux sociaux, qualifiant ce jour de «libération». Le 12 décembre 2025, un mandat d’arrêt international a été émis à son encontre pour apologie de crimes contre la sûreté de l’État et incitation à la rébellion.
L’enquête s’est accélérée après l’arrestation d’un certain Agbaza, présenté comme un exécutant de Kémi Seba. Des enregistrements audios découverts dans le téléphone d’Agbaza auraient impliqué directement l’activiste dans un plan visant à semer des troubles au Bénin. Kémi Seba a dénoncé une manipulation et des propos décontextualisés.
De son vrai nom Stellio Gilles Robert Capo Chichi, 45 ans, Kémi Seba dirige l’ONG «Urgences panafricanistes» et compte 1,5 million d’abonnés sur les réseaux sociaux. Né franco-béninois, il a été déchu de sa nationalité française en 2024. Depuis ses déclarations en faveur du Niger dans la crise avec le Bénin, il s’était installé à Niamey, où il avait obtenu l’exil politique, un passeport diplomatique et le poste de conseiller spécial du général Tiani.
Alors qu’une équipe béninoise serait déjà en route vers Pretoria pour préparer son transfert, Kémi Seba a officiellement exprimé le souhait d’être extradé vers le Niger. Le Niger, État de l’Alliance du Sahel, ne reconnaît pas le mandat béninois et protégerait son conseiller spécial. C’est le cœur du bras de fer diplomatique qui se jouera le 20 avril devant le tribunal de Brooklyn à Pretoria.
En octobre 2024, Kémi Seba avait déjà été placé en garde à vue en France pour soupçons de liens avec le groupe paramilitaire russe Wagner. Les Wagner Leaks avaient indiqué que leur fondateur Evgueni Prigojine avait financé certaines de ses actions en Afrique entre 2018 et 2019.
Sur les réseaux sociaux africains, l’arrestation a déclenché des milliers de réactions en quelques heures. Des voix dénoncent une instrumentalisation politique de la justice contre un militant dérangeant. D’autres rappellent que soutenir publiquement un coup d’État en cours reste un acte aux conséquences judiciaires réelles, quelle que soit la notoriété de celui qui le pose. Le 20 avril tranchera, au moins sur la question de l’extradition. Le reste appartient aux tribunaux béninois.