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Changement de la constitution : le danger que Félix Tshisekedi fait courir à la RDC

Aux yeux de nombreux Congolais, le projet de changement de la Constitution n’est pas une urgence. Ce projet n’est pas porté par l’ensemble de la nation, mais par Félix Tshisekedi lui-même, appuyé par ses frères de tribu, son entourage politique immédiat et un groupe de Congolais corrompus sans scrupules. On n’a pas besoin d’être un grand stratège pour pressentir que cette affaire pourrait mal finir, voire très mal.

La première conséquence possible concerne l’intégrité territoriale de la RDC. Dans un contexte déjà marqué par l’occupation, la guerre à l’Est et les ambitions territoriales à peine voilées du Rwanda et de ses relais locaux, une crise constitutionnelle majeure pourrait accélérer les dynamiques de fragmentation du pays. Elle pourrait offrir à Kigali et à ses proxys l’occasion de précipiter le processus de balkanisation, déjà largement engagé, notamment par la création de fait d’un territoire autonome dans le Kivu. Une telle perspective serait d’autant plus inquiétante qu’elle surviendrait dans une RDC fragilisée par un pouvoir donnant l’impression de placer ses intérêts politiques au-dessus de la survie de l’État.

La seconde conséquence, plus « souterraine » mais tout aussi dangereuse, est la radicalisation silencieuse d’une large partie de la population congolaise opposée au changement de la constitution. À mesure que le régime Tshisekedi s’enferme dans une logique d’hégémonisme clanique ou tribale du pouvoir, cette majorité silencieuse se durcit. On voit déjà émerger un discours préoccupant, selon lequel les Balubas dans leur majorité constitueraient une menace pour l’unité nationale et l’intégrité territoriale de la RDC. Et il faut dire que certains Lubas, par leur comportement irresponsable, contribuent à nourrir cette perception dangereuse et simplificatrice. Ce glissement est extrêmement dangereux, car il risque de transformer une crise politique en crise communautaire.
Je l’ai déjà dit : de plus en plus de Congolais considèrent l’hégémonisme du clan Tshisekedi comme une menace existentielle pour la République. Le président et son entourage doivent mesurer la gravité du danger qu’ils font courir au pays en s’engageant dans cette aventure de changement de la constitution. Dans une nation aussi fragile, traversée par la guerre, les frustrations sociales et les tensions identitaires, jouer avec la Constitution revient à jouer avec le feu. Il ne faut pas transformer la RDC en un autre Rwanda.

Patrick Mbeko
Ecrivain, Analyste en géopolitique

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