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RDC : en avril comme en septembre, les députés provinciaux comptent dix mois d’impayés

Les assemblées provinciales de la RDC ont rouvert le 30 septembre leur session budgétaire dans la division : le collectif des députés provinciaux avait appelé au boycott pour dix mois d’émoluments impayés, la conférence de leurs présidents a maintenu la rentrée. En avril déjà, les mêmes élus réclamaient dix mois d’arriérés. Le compte n’a pas bougé en six mois, et la revendication revient de rentrée en rentrée depuis au moins 2016.

Radio Okapi · CC BY 2.0

Les assemblées provinciales de la RDC ont rouvert le 30 septembre leur session budgétaire dans la division : le collectif des députés provinciaux avait appelé au boycott pour dix mois d’émoluments impayés, la conférence de leurs présidents a maintenu la rentrée. En avril déjà, les mêmes élus réclamaient dix mois d’arriérés. Le compte n’a pas bougé en six mois, et la revendication revient de rentrée en rentrée depuis au moins 2016.

À l’Assemblée provinciale de la Tshuapa, la séance d’ouverture s’est tenue devant des bancs vides. Seuls le président, Daniel Makoko Boteko, et son vice-président étaient présents, entourés des autorités de la province. Les députés n’étaient pas venus. « Je recommande au gouvernement central de prendre cette situation au sérieux pour un fonctionnement optimal de l’institution et surtout permettre aux élus provinciaux d’aller et de revenir de vacances parlementaires », a déclaré le président de l’organe délibérant, avant d’ouvrir une session consacrée au vote du budget de la province.

Le mot d’ordre venait de Kinshasa. Dans une déclaration publiée le 29 septembre, le collectif des députés provinciaux, qui dit parler pour près de 750 élus, constatait « l’absence de réponse satisfaisante » à un ultimatum de 48 heures lancé le 26 septembre. Il demandait aux bureaux de ne pas organiser de cérémonie d’ouverture, annonçait une manifestation devant le ministère des Finances et menaçait de destitution tout président d’assemblée qui ouvrirait malgré tout. Selon le collectif, les ordres de paiement sont disponibles à la Banque centrale du Congo mais bloqués au ministère des Finances.

Les élus mettent en avant une inégalité de traitement. Élus le même jour que le chef de l’État et que les députés nationaux, ils se disent les seuls à ne pas être payés régulièrement, alors que les sénateurs, qu’ils ont eux-mêmes élus, le sont.

La réponse est venue des présidents d’assemblée. Papy Mantezolo, président de l’Assemblée provinciale du Kongo-Central et de la Conférence des présidents des assemblées provinciales, a contesté au collectif le droit de parler au nom des institutions. « J’ai reçu mandat de tous les présidents pour parler à leur nom », a-t-il déclaré sur Top Congo FM. « La rentrée parlementaire, c’est un cadre constitutionnel. C’est prévu par la loi. »

Le même responsable reconnaît l’existence des arriérés. Il a rappelé que le président Félix Tshisekedi avait donné instruction au gouvernement de mettre fin aux retards, et que le ministre des Finances avait été saisi.

À Kinshasa, le bureau de l’Assemblée provinciale a convoqué les élus à 11 heures dans l’hémicycle, alors qu’une partie des élus de la capitale lui demandait de renoncer à la cérémonie. « Nous partageons les mêmes préoccupations », a confié un autre député kinois, qui justifiait l’ouverture par les urgences de la ville. Dans le Kwango, le Kasaï, la Lomami et le Maï-Ndombe, les sessions ont été ouvertes ou convoquées. À Kindu, le président intérimaire de l’Assemblée provinciale du Maniema a promis de traiter en priorité les arriérés de la session précédente.

Dans le Haut-Katanga, la plénière d’ouverture a été maintenue à Lubumbashi. Le président du groupe d’opposition Ensemble pour la République, Khiller Mubambe, y décrit un arrangement local : des « solutions palliatives » trouvées entre l’assemblée et le gouvernement provincial ont atténué le retard. « Le paiement doit se dérouler tous les 30 jours comme prévu. Ce qui arrive est une mauvaise manière de gérer les gens », a-t-il déclaré. Une province riche en recettes propres peut combler le trou. Les autres attendent Kinshasa.

Le 12 avril 2026, le collectif dénonçait déjà dix mois d’arriérés pour les 780 députés provinciaux du pays. Il rappelait que le chef de l’État avait ordonné au ministre des Finances de payer, lors de la conférence des gouverneurs tenue fin mars à Bandundu. Fin septembre, le collectif cite la même instruction et le même total. Les deux déclarations donnent dix mois, à six mois d’intervalle.

La scène s’est déjà jouée. Le 27 septembre 2024, à trois jours d’une autre rentrée du 30 septembre, le président du collectif, Blanchard Takatela, sortait d’un entretien avec Jacquemain Shabani, alors vice-Premier ministre chargé de l’Intérieur. Les élus réclamaient alors sept mois, impayés depuis février, et menaçaient déjà de ne pas reprendre. En octobre 2021, le même Blanchard Takatela lisait à Bandundu une déclaration annonçant la suspension des travaux si les arriérés et les frais d’installation n’entraient pas au budget de l’année suivante. En novembre 2016, des assemblées restaient désertes, faute de paiement depuis quatre mois.

Cette rentrée de septembre est celle du budget. Les assemblées provinciales doivent y examiner et voter les budgets 2027 de leurs provinces, pendant que le gouvernement a déposé à l’Assemblée nationale le projet de loi de finances 2027. Une assemblée qui siège à vide ne contrôle pas l’exécutif qu’elle a élu.

Le boycott visait la séance d’ouverture. Les plénières budgétaires des prochaines semaines diront s’il dure : si les bancs restent vides, c’est le vote des budgets provinciaux 2027 qui prendra du retard.

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