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Afrique de l’Ouest : Au-delà de 8 000 francs CFA par jour, envoyer de l’argent pourra coûter jusqu’à 0,8 %

À partir du 2 novembre 2026, les transferts d’argent entre particuliers d’un établissement à un autre dans l’UEMOA ne seront gratuits à l’envoi que jusqu’à 8 000 francs CFA cumulés par jour. Au-delà, banques et émetteurs de monnaie électronique pourront facturer jusqu’à 0,8 % du montant. En échange, la réception devient gratuite sans aucune limite, et le passage par la plateforme PI-SPI de la BCEAO devient obligatoire.

Edison McCullen · CC BY 4.0

À partir du 2 novembre 2026, les transferts d’argent entre particuliers d’un établissement à un autre dans l’UEMOA ne seront gratuits à l’envoi que jusqu’à 8 000 francs CFA cumulés par jour. Au-delà, banques et émetteurs de monnaie électronique pourront facturer jusqu’à 0,8 % du montant. En échange, la réception devient gratuite sans aucune limite, et le passage par la plateforme PI-SPI de la BCEAO devient obligatoire.

La Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest a fixé ces règles dans un communiqué publié le 2 octobre, un an après le lancement de sa Plateforme interopérable du système de paiement instantané, le 30 septembre 2025. PI-SPI relie aujourd’hui 175 participants, banques, institutions de microfinance, émetteurs de monnaie électronique et établissements de paiement, et donne accès au paiement instantané à plus de 38 millions de personnes dans les huit pays de l’Union. Le Sénégal compte 43 établissements connectés, la Côte d’Ivoire 38.

Jusqu’ici, la règle était inverse. Pour un particulier, tous les envois nationaux passés par la plateforme étaient gratuits, quel que soit le montant, selon la foire aux questions de PI-SPI. C’est la réception qui pouvait coûter : gratuite pour les trente premiers transferts du mois, puis facturable jusqu’à 1 % du montant reçu.

Le nouveau barème déplace donc les frais du côté de celui qui envoie. Le seuil de 8 000 francs s’apprécie par jour, par utilisateur et par établissement participant, sans limite du nombre d’opérations. Au-dessus, chaque établissement choisit son taux entre 0 et 0,8 %, appliqué au montant hors taxes du transfert. Un envoi de 50 000 francs pourra ainsi être facturé jusqu’à 400 francs. À la réception, plus aucun plafond, ni de montant ni de nombre d’opérations.

La BCEAO justifie son seuil par un chiffre : à 8 000 francs, la gratuité couvre 75 % des transactions de monnaie électronique de l’UEMOA. Les petits envois du quotidien, l’argent du marché ou la part d’une tontine, restent sans frais. Ce sont les sommes plus lourdes qui entrent dans la zone payante : un loyer, des frais de scolarité, l’argent envoyé à la famille en fin de mois, le fonds de roulement d’un commerce.

Le taux réel dépendra de chaque banque et de chaque opérateur. La banque centrale fixe un plafond, pas un prix, et 0 % reste permis. Les grilles que les établissements afficheront d’ici au 2 novembre diront si le plafond de 0,8 % devient la norme ou l’exception.

Le second changement est moins visible pour l’usager, mais il pèse sur les établissements. À compter du 2 novembre, les transactions de monnaie électronique interopérables au sein de l’UEMOA passent obligatoirement par PI-SPI. Les nouvelles règles visent les transferts entre un compte bancaire ou de microfinance et un compte de monnaie électronique ou de paiement, ainsi que les transferts entre émetteurs de monnaie électronique et établissements de paiement. Se connecter à la plateforme de la banque centrale cesse d’être un choix pour qui échange des fonds avec un autre établissement.

La gratuité ne franchit pas encore les frontières. Les transferts entre deux pays de l’Union bénéficieront des mêmes conditions que les transferts nationaux, gratuité jusqu’à 8 000 francs par jour à l’envoi et réception gratuite, mais seulement à partir du 1er juin 2027. D’ici là, l’envoi d’un pays à l’autre reste tarifé librement par chaque établissement, la réception étant gratuite. Un travailleur qui envoie de l’argent d’Abidjan à Ouagadougou ou de Dakar à Bamako continuera de payer le prix fixé par son opérateur pendant encore huit mois.

Le communiqué assigne quatre objectifs à la réforme : mieux cibler les populations qui bénéficient de la gratuité, étendre celle-ci à l’échelle régionale, « améliorer la qualité et la disponibilité des services et favoriser l’émergence de nouveaux usages », et « asseoir PI-SPI comme infrastructure centrale pour les paiements instantanés dans l’UEMOA ».

Deux dates restent à suivre. Le 2 novembre, quand les établissements publieront leurs tarifs au-dessus du seuil. Puis le 1er juin 2027, quand un envoi de Lomé à Cotonou suivra les mêmes règles qu’un envoi de Lomé à Kara.

Œil d’Afrique

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