À la Une

Sénégal : La majorité Pastef rejette le budget rectificatif du gouvernement

La commission des Finances et du Contrôle budgétaire de l’Assemblée nationale a rejeté le projet de loi de finances rectificative 2026, vendredi 23 octobre, avec les voix du groupe Pastef-Les Patriotes, majoritaire. Le gouvernement a pris acte du rejet dans un communiqué de la Primature et le Premier ministre s’explique ce dimanche 25 octobre à 16 heures, au Building administratif Président Mamadou Dia.

HaguardDuNord · CC BY-SA 3.0

La commission des Finances et du Contrôle budgétaire de l’Assemblée nationale a rejeté le projet de loi de finances rectificative 2026, vendredi 23 octobre, avec les voix du groupe Pastef-Les Patriotes, majoritaire. Le gouvernement a pris acte du rejet dans un communiqué de la Primature et le Premier ministre s’explique ce dimanche 25 octobre à 16 heures, au Building administratif Président Mamadou Dia.

L’examen avait commencé le mardi 20 octobre. Les députés ont interrogé l’exécutif sur « les prévisions de recettes, les arbitrages budgétaires, la programmation des investissements publics ainsi que les subventions à la consommation d’énergie », selon le communiqué de la Primature. Les travaux ont été suspendus pour laisser au gouvernement le temps de répondre, puis ont repris vendredi avec un mémorandum de réponses. « Malgré les informations et clarifications complémentaires apportées par le Gouvernement, le Projet de loi de finances rectificative 2026 a été rejeté par la Commission », indique le texte. La séance plénière, d’abord prévue le même vendredi, a été reportée à la demande du gouvernement.

Un seul député dit avoir voté pour. Cheikh Ahmed Tidiane Youm, secrétaire général du Parti de l’unité et du rassemblement (PUR), l’a écrit samedi sur ses plateformes : « Je suis le seul député à avoir voté la LFR 2026 en commission. » Il justifie son vote par l’effet attendu du texte sur le pouvoir d’achat. Le décompte des voix n’a pas été rendu public.

Le groupe Pastef-Les Patriotes a fixé ses conditions dans un communiqué daté du 23 octobre. Il refuse d’adopter le texte « en l’état », sans contester la nécessité de réviser le budget. Il demande le réexamen des coupes qui touchent la santé, l’éducation, la formation professionnelle, l’hydraulique, les infrastructures et l’industrie, et veut que toute baisse des subventions énergétiques s’accompagne d’une réduction de la taxation des produits pétroliers et des coûts de production de l’électricité, pour éviter une hausse des prix payés par les ménages.

Le groupe exige aussi la transmission des accords conclus avec la Banque mondiale sur les 120 milliards de francs CFA du Projet autonome de réponse d’urgence contingente (CERP), avec l’origine de ces ressources et leur affectation. Il demande la publication des rapports d’audit de l’Inspection générale des finances sur la dette non financière et du cabinet Forvis Mazars, et pousse à accélérer la rationalisation du secteur parapublic, dont le programme prévoit la suppression de 19 entités et au moins 55 milliards de francs CFA d’économies nettes sur trois ans.

El Malick Ndiaye, vice-président de l’Assemblée nationale, a été plus direct. « Quand nous avons reçu cette loi, nous nous sommes rendu compte que cela ressemblait davantage à un ajustement structurel », a-t-il déclaré, en citant le projet d’adduction d’eau qui doit relier le lac de Guiers à Touba puis à Dakar, dont l’enveloppe aurait selon lui été réduite de 50 milliards de francs CFA, et le Projet de gestion intégrée des inondations. « Nous n’allons pas engager notre responsabilité en votant ceci », a-t-il ajouté.

Le ministère de l’Économie, des Finances et du Plan a répondu samedi sur un point précis : le Projet de Grand Transfert d’Eau « n’est pas supprimé ». Les 20 milliards de francs CFA inscrits dans le budget rectificatif pour commencer à indemniser les personnes affectées ont été retirés, explique-t-il, parce que leur recensement n’a pas commencé. Une enveloppe de 13,8 milliards de francs CFA est reprogrammée dans le projet de loi de finances initiale 2027, déjà déposé à l’Assemblée.

L’enjeu le plus lourd est l’énergie. Le député et ancien Premier ministre Amadou Ba a averti, dans un texte publié le 20 octobre, que sans adoption de la loi de finances rectificative, près de 540 milliards de francs CFA de subventions énergétiques risqueraient de rester sans crédits suffisants, avec à la clé des impayés et des arriérés.

Le rejet en commission n’est pas un vote de l’Assemblée. Le texte doit encore passer en séance plénière, dont la date n’est pas fixée. Ce dimanche, le gouvernement promet de présenter « les analyses économiques et financières qui sous-tendent le PLFR 2026 ». Les députés de la majorité, eux, disent attendre des garanties avant de voter, sur les dépenses sociales et sur la dette.

Œil d’Afrique

Lire aussi

Sports

Le Tribunal arbitral du sport (TAS) rendra fin novembre 2026 sa sentence sur la finale de la Coupe d'Afrique des nations 2025, gagnée 1-0...

À la Une

Le patronat de la presse sénégalaise a demandé un plan de sauvetage au Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô, vendredi 16 octobre 2026 à...

À la Une

L'ancien président sénégalais Macky Sall a retiré, le samedi 17 octobre 2026, sa candidature au poste de secrétaire général de l'ONU. Sa déclaration, publiée...

À la Une

Le Gabon a dépensé 30 milliards de francs CFA en septembre 2026 pour maintenir le prix du carburant à la pompe. Le chiffre figure...

Copyright © 2011 Oeil d'Afrique — Un milliard de regards

Quitter la version mobile