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RDC : Impayés depuis août, les agents de la riposte Ebola en grève en Ituri

Les agents de la riposte Ebola de la zone de santé de Nia-Nia, en territoire de Mambasa, ont suspendu la surveillance épidémiologique, la sensibilisation communautaire et la prévention des infections. Ils disent n’avoir touché aucune prime depuis août. À Rwampara, à une douzaine de kilomètres de Bunia, et au centre de traitement de Kasenyi, leurs collègues ont lancé samedi 24 octobre un ultimatum de 48 heures au gouvernement.

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Les agents de la riposte Ebola de la zone de santé de Nia-Nia, en territoire de Mambasa, ont suspendu la surveillance épidémiologique, la sensibilisation communautaire et la prévention des infections. Ils disent n’avoir touché aucune prime depuis août. À Rwampara, à une douzaine de kilomètres de Bunia, et au centre de traitement de Kasenyi, leurs collègues ont lancé samedi 24 octobre un ultimatum de 48 heures au gouvernement.

À Nia-Nia, la grève est « sèche, générale et illimitée ». Elle a été déclarée publiquement vendredi 23 octobre par les prestataires de trois piliers de la riposte : la surveillance, la communication sur les risques et l’engagement communautaire, et la prévention et le contrôle des infections. « Toutes les activités sont suspendues jusqu’au paiement intégral de nos primes », a déclaré leur porte-parole, le docteur Willy Ngeleza.

Les grévistes réclament les primes d’août, de septembre et d’octobre. Ils disent avoir tout essayé avant d’arrêter : une requête au coordonnateur de la riposte le 2 octobre, un ultimatum le 5, un premier arrêt de travail les 10 et 11 octobre, puis une trêve du 13 au 19 octobre, accordée après des échanges avec Africa CDC et l’Organisation mondiale de la santé. Aucun paiement n’a suivi.

« Il n’est pas possible que des parents travaillent pendant trois mois sans que le salaire ne soit payé », a expliqué le docteur Robert Tsongo, membre du pilier surveillance. Les agents dénoncent aussi des écarts entre piliers : certains ont été payés, d’autres non.

À Rwampara, le Collectif des prestataires de terrain de la riposte compte 77 jours sans primes ni frais de communication. Dans un mémorandum adressé au gouvernorat de l’Ituri et aux autorités sanitaires, il signale la présence sur les listes de paie de noms qu’il considère comme fictifs, et demande une commission mixte pour vérifier les listes et s’assurer que l’argent destiné aux agents de terrain leur parvient.

Au centre de traitement Ebola de Kasenyi, dans la zone de santé de Tchomia, les prestataires congolais affirment ne pas avoir reçu leurs primes de mai, juin, août et septembre 2026. Ils travaillent aux côtés d’agents ougandais. « Nos collègues ougandais, avec qui nous travaillons ici au CTE, sont payés régulièrement, sans retard », disent-ils dans leur mémorandum. Eux aussi menacent de suspendre leurs activités à l’expiration du délai.

Le conflit n’est pas nouveau. Le 13 juillet, les soignants du centre de traitement de Rwampara étaient déjà en grève pour leurs primes, impayées selon eux depuis la déclaration de l’épidémie, le 15 mai. Lors d’un passage à Bunia ce même mois, le ministre de la Santé publique, Samuel Roger Kamba, avait affirmé que les retards ne venaient pas d’un manque de fonds, dénoncé des dérives qu’il appelait « Ebola Business » et des manipulations présumées des listes de paiement, et annoncé une harmonisation des primes des médecins, des infirmiers et des relais communautaires. Son ministère avait évoqué une rallonge budgétaire dans la loi de finances rectificative alors en examen.

Trois mois plus tard, les mêmes revendications reviennent, et elles visent le même maillon : la liste de paie. Les agents qui s’arrêtent sont ceux qui suivent les contacts, expliquent la maladie dans les villages et veillent à l’hygiène des structures de soins. Selon des sources sanitaires locales, l’épidémie continue de s’étendre dans des aires de santé en périphérie du centre de Mambasa. L’Ituri reste l’épicentre de la 17e épidémie d’Ebola en RDC.

L’ultimatum de Rwampara et de Kasenyi expire lundi 26 octobre. À Nia-Nia, les grévistes annoncent des manifestations si rien n’est versé.

Œil d’Afrique

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