[Tribune] Migrants, notre dernière chance de survie

Migrants montant dans un bateau. Image d'archives

Ce qu’on appelle « crise migratoire » est une expérience humaine. C’est un test d’humanité. C’est notre dernière chance de survie.

Balzac disait qu’une vie humaine est une somme de petits secrets misérables. Les spécialistes de l’histoire humaine nous expliquent qu’elle est une succession de guerres, conflits, de souffrances et d’infamies en tous genres. Depuis 250 ans, notre espèce réalise même l’exploit de saboter à grande échelle l’essentiel : l’air, l’eau et les terres. On détruit aussi la biodiversité pourtant indispensable à notre survie. Nous déréglons même le climat de notre planète qui est à l’image de la situation financière des pays : inquiétant ! Nous avons déclenché des guerres mondiales, fait Auschwitz, les horreurs des colonisations et décolonisations ou le génocide du Rwanda. Ce qui se passe encore aujourd’hui en Tchétchénie ou au Moyen-Orient montre qu’en fait nous avons peu évolué. Le trafic humain, le trafic de drogues, la corruption battent leur plein autant que le commerce des armes.  Il y a le terrorisme dit islamiste produit par quelques psychopathes aussi lâches que désespérés mais aussi le terrorisme chimique qui tue beaucoup plus. La pédophilie de prêtres ici et là dans le monde, couverte par leur hiérarchie, est autant odieuse.Nous savons tout cela mais nous continuons de voter ou de ne pas voter par habitude ou colère, souvent sans discernement et c’est pareil pour notre façon d’être et nos actes désastreux de consommation. Nous trions mal nos déchets alors même que nous devrions en produire de moins en moins. Selon l’ONG « Global Footprint Network »,

le 1/08/2018 a marqué « l’Earth overshoot day », le Jour du dépassement de la Terre (qui était en 1997 à fin septembre). Depuis cette date, l’humanité a consommé l’ensemble des ressources que la planète peut renouveler en un an. Concrètement, pour subvenir à nos besoins, l’équivalent de 1,7 planète serait nécessaire.

Que dire de la non-éducation de nos enfants abandonnés à des écrans omniprésents et abêtissants ?! Tout cela sur fond de brouillard électromagnétique grave pour notre santé à tous et grave pour nos démocraties puisque GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft) règnent de plus en plus. L’intelligence artificielle bouleverse les Économies et les emplois.

Le sort que nous réservons aux animaux est symptomatique de nos tares de conscience : on en torture à mort des millions chaque année pour concevoir des maquillages, pratiquer une expérimentation animale évitable et produire des fourrures inutiles, on subventionne encore les corridas, les batteries mondiales regorgent de milliards d’animaux cruellement élevés et on prélève sans vergogne 100 millions de tonnes de poissons dans nos mers et océans.Dans ce tableau général, pas étonnant que le pauvre migrant mexicain ou syrien soit si mal accueilli ! Pourtant, l’évolution historique ou climatique peut faire de nous, demain, un futur migrant ! J’ai bien conscience des difficultés d’accueil d’une multitude de personnes venues d’ailleurs vu les problématiques d’aujourd’hui de notre pays et de notre continent. 

Accueillir tout le monde est impossible, mais opposer la misère à la misère, fermer son cœur, traduit hélas trop bien la médiocrité de l’espèce humaine d’aujourd’hui.

Nos comportements sont irresponsables, irrespectueux et les perpétuer conduit à notre perte. Soit nous développons les qualités humaines pour respecter la Nature et l’animal, pour respecter les différences, pour être autonome et apprendre la frugalité heureuse, pour choisir la coopération plutôt que la compétition et pour contribuer à bâtir un monde où des millions de gens ne soient plus contraints de fuir leur pays et les aider quand ils se trouvent dans cette impasse, 

soit notre pseudo-civilisation connaît son dernier siècle. 

Les souffrances infligées aux migrants du monde entier, qu’ils soient mexicains ou syriens, est la honte de notre espèce. Après des millions d’années d’humanisation, des millions d’années de progrès techniques significatifs, l’organisation actuelle de l’humanité génère encore de terribles souffrances liées à la faiblesse de notre conscience et à la fermeture de nos cœurs.

Oui, nos enfants nous accuseront des souffrances qu’ils subiront.

Oui, il est urgent de procéder à cet examen de conscience individuel et collectif, permis par cette arrivée de migrants.Oui, il faut respecter le courage et la souffrance de ces individus qui fuient leur sol pour le nôtre

Oui, on peut trouver des solutions dans nos villages désertés, dans les communes volontaires et chez les familles demandeuses autant qu’en aidant les pays concernés à redevenir vivables.

 

Jean Marc Governatori

Co-secrétaire national de l’Alliance écologiste indépendante

Videos

Analyses et Opinions

Le NFAC , les nouveaux Black Panthers ?

Qui est la NFAC, la milice armée noire qui défile dans les manifestations anti-racisme ?

Alors que les tensions raciales se multiplient aux États-Unis, une nouvelle milice afro-américaine a récemment vu le jour outre-Atlantique : la Not Fucking Around Coalition (NFAC). Qui sont ces femmes et ces hommes ? Eléments de réponse.Leurs visages sont régulièrement cagoulés de noirs, leurs vêtements arborent la même couleur. Ces citoyens américains portent des armes, bien visibles.
Le président français Emmanuel Macron reçoit son homologue ivoirien Alassane Ouattara à l'Elysée, le 4 septembre 2020. Crédit : @AOuattara_PRCI

Côte d'Ivoire: Ce qu'il faut retenir de la rencontre Ouattara Emmanuel Macron sur le 3e mandat

Le président Ivoirien Alassane Ouattara a été reçu à déjeuner ce vendredi 4 septembre 2020 à l’Elysée par le président Emmanuel Macron. En marge de ce qui a été de ce déjeuner de travail, un tête-à-tête entre les deux homologues. La question du 3e mandat et la position de Paris surement au cœur de ce huis-clos.
Marche contre la révision constitutionnelle au Mali. / Image d'illustration

Afrique: La révision des Constitutions pour conserver le pouvoir en Afrique

Le président ivoirien Alassane Ouattara et le guinéen Alpha Condé misent sur la modification de la Constitution pour espérer briguer un nouveau mandat avec pour argument que les "compteurs sont remis à zéro".
Guillaume Soro, Alassane Ouattara, Henri Konan Bédié et Laurent Gbagbo. AFP

Côte d’Ivoire recherche désespérément leader politique.

La Côte d’Ivoire a eu soixante ans ce 7 août 2020. A cette occasion, son président lui a offert un cadeau d’anniversaire de très mauvais goût. Alassane Dramane Ouattara est revenu sur sa promesse de ne pas briguer un troisième mandat. C’est ce que lui aurait demandé avec insistance une majorité de sa famille politique. Il a cédé à la tentation du combat de trop. Soit par suivisme, soit par égoïsme, ou alors sous l’effet conjugué des deux.
Kader Diarrassouba, Jeune ivoirien, exilé en France depuis 6 mois, membre Générations et Peuples Solidaires ( GPS )

Lettre ouverte à Monsieur Emmanuel Macron, Président de la République de France, par Kader Diarrassouba

Monsieur le Président, votre élection à la tête de la république française le 7 mai 2017 a sonné pour bien de jeunes africains comme un nouvel espoir, l’espoir qui diminue la peine de toutes les politiques antérieures de la Françafrique. Politique néo-coloniale décrite par François-Xavier Verschave comme « une nébuleuse d’acteurs économiques, politiques et militaires, en France et en Afrique, organisée en réseaux et lobbies, et polarisé sur l’accaparement de deux rentes : les matières premières et l’aide publique au développement.
Rex Kazadi, secrétaire général de Ba patriotes ya Kongo (BPK)

RDC: Rex Kazadi demande à la ville de Kinshasa de déboulonner le statue de Leopold II

Kinshasa, la capitale de la République démocratique du Congo, ancienne colonie Belge va-t-elle enboiter le pas d'Anvers et déboulonner la statue du roi Leopold II ? C'est en tout cas le souhaite de Rex Kazadi, secrétaire général de Ba patriotes ya Kongo (
Aimé Gata-Kambudi, Juriste spécialisé en Droit Public Approfondi

La gestion de la crise institutionnelle au Kongo central est-elle la preuve  d'un Etat de droit à géométrie variable ?

Une analyse chronologique et démonstrative de la crise qui tend à l’ingouvernabilité de la province, par Aimé Gata-Kambudi.