Littérature: Ivresse du pouvoir et liberté de la presse s’empoignent dans «Tchapalo Tango»

Littérature: Ivresse du pouvoir et liberté de la presse s’empoignent dans «Tchapalo Tango» ©DR

La rentrée littéraire en France n’a pas fini de livrer toutes ses dernières pépites. Dans un communiqué de presse transmis à la rédaction de Œil d’Afrique, la Maison d’éditions Captiot annonce la sortie de Tchapalo Tango, premier roman du journaliste ivoirien Fidèle Goulyzia.

«Tchapalo Tango» ou l’histoire d’un jeune journaliste entré dans le métier par un heureux hasard, qui y fait ses armes, brille, mais dérange par sa plume. Il est contraint de fuir son pays, Dougoutiana, pour échapper à une arrestation programmée sous le chef d’accusation de complicité de terrorisme.

Selon l’auteur, cette histoire n’est pas que «dougoutianaise». Elle tire son universalité dans la contemporanéité de la question des libertés publiques et individuelles à l’épreuve de la menace terroriste. Fidèle Goulyzia explique que trois faits majeurs ont inspiré l’écriture de ce roman qui aura pris trois années. D’abord, son reportage fin novembre 2015 à Bamako, une semaine après l’attentat terroriste du Radisson Blu où il a été marqué par la résilience du peuple malien. Ensuite, l’attaque terroriste de Grand Bassam en Côte d’Ivoire, le 13 mars 2016, alors qu’il exerçait comme journaliste reporter dans son pays. Enfin, la détention préventive longue de 29 mois du correspondant de RFI en langue Haoussa au Cameroun Ahmed Abba.

Inspiré par la richesse et la diversité de la langue française propre aux origines ouest-africaines de l’auteur, Tchapalo Tango est une peinture sans fioriture ni convenance stylistique de la réalité politique des deux Etats imaginaires, cadres du roman : Dougoutiana et Kluiklui-land, deux modèles de démocratie. «Le Tchapalo, bière de mil, patrimoine national de Dougoutiana, se mêle à l’image chaloupée du tango argentin pour produire un cocktail savoureux et parfois grivois», peut-on lire dans le communiqué produit par la maison d’éditions du journaliste. L’ivresse du pouvoir incarnée par le président de la République de Dougoutiana, Koumba Tchefing, mène une lutte sans merci contre la liberté de la presse incarnée par le parcours du jeune journaliste Paul Stokely, personnage principal du roman.

Diplômé en Action humanitaire et Relations internationales de l’Université de Bourgogne, l’auteur prépare actuellement une thèse en droit international à l’Université Félix Houphouët Boigny de Cocody en Côte d’Ivoire. Sa formation de juriste internationaliste doublée de son expérience d’une quinzaine d’années en tant que journaliste reporter sur le continent africain lui permettent de traiter avec profondeur et lucidité des sujets d’une actualité indéniable, selon le communiqué.

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