Éditorial


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L’éléphant de forêt africain aura-t-il bientôt disparu ?

Plus petit mais surtout plus fragile que son cousin de savane, l'’éléphant de forêt africain a été classé jeudi 25 mars en danger critique d’extinction par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Davantage que la chasse, c’est la destruction de son habitat par l’homme qui risque de le reléguer dans les livres d’images.

À force de tirer la sonnette d’alarme, plus personne ne peut prétendre découvrir que l’éléphant d’Afrique, l’un des animaux totem du continent avec le lion et la girafe, est menacé de disparition. Le dernier recensement, en 2016, en a compté 415 000 contre plus de 1,5 million dans les années 1960. La chute a été en partie enrayée ces dix dernières années grâce à la lutte contre le braconnage et le commerce illégal de l’ivoire. Mais, pour les éléphants de forêt, rien n’y a fait.

À force de tirer la sonnette d’alarme, plus personne ne peut prétendre découvrir que l’éléphant d’Afrique, l’un des animaux totem du continent avec le lion et la girafe, est menacé de disparition. Le dernier recensement, en 2016, en a compté 415 000 contre plus de 1,5 million dans les années 1960. La chute a été en partie enrayée ces dix dernières années grâce à la lutte contre le braconnage et le commerce illégal de l’ivoire. Mais, pour les éléphants de forêt, rien n’y a fait.

L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), qui recense et classe les espèces du monde entier selon le niveau de danger qui les menace, a annoncé jeudi 25 mars qu’elle plaçait l’éléphant de forêt sur sa liste rouge des espèces « en danger critique d’extinction »​. La population de Loxodonta cyclotis, plus trapu mais doté de défenses plus longue que son cousin de la savane (Loxodonta africana), a chuté de 86 %, selon les scientifiques qui les étudient.

Un habitat de plus en plus restreint

Combien en reste-t-il ? Entre 50 000 et 100 000. Impossible d’être plus précis car autant l’éléphant de savane est facile à compter depuis un avion ou désormais par satellite, autant la densité des forêts équatoriales dissimule Loxodonta cyclotis. C’est par le comptage de ses déjections et la mesure de la déforestation que les scientifiques sont parvenus à leur dramatique conclusion.

On sait par exemple que les éléphants de forêt fuient dans un rayon de 40 km le long d’une nouvelle route… Aujourd’hui, leur habitat originel a fondu aux trois quarts à cause de l’activité des humains pour se concentrer dans les forêts du Congo et du Gabon. Pour ne rien arranger, l’éléphant de forêt est plus fragile, car il se reproduit plus tard (vers 23 ans contre 12 pour les éléphants de savane) et attend cinq à six ans entre deux gestations (contre trois à quatre ans pour les autres).

La situation de l’éléphant de savane est « moins pire » ​avec une chute de « seulement » 60 % de la population sur une période plus longue, de cinquante ans. L’UICN le classe un cran juste en dessus comme « espèce en danger »​. Là encore, c’est la destruction de leur habitat pour augmenter la surface des terres agricoles qui inquiète davantage que la chasse illégale. Cela conduit à une concentration des populations dans des zones protégées, comme au Botswana, un pays très soucieux de la protection de sa faune. Non sans poser des problèmes de cohabitation avec les humains.



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