C’est un signal diplomatique qui en dit plus long qu’un communiqué. Le vendredi 20 mars 2026, le gouvernement allemand a annoncé la fermeture temporaire de son ambassade à Niamey et la relocalisation de l’ensemble de son personnel hors du Niger. Les services consulaires sont désormais transférés à Ouagadougou, au Burkina Faso un pays voisin qui fait lui-même face à l’une des pires crises sécuritaires de son histoire. Le symbole est saisissant.
Berlin invoque des raisons claires : risques d’enlèvements, crimes violents et attentats terroristes dans plusieurs régions du Niger, avec les ressortissants occidentaux particulièrement exposés.
Deux attaques en moins de deux mois
La décision allemande n’est pas tombée du ciel. Dans la nuit du 28 au 29 janvier 2026, la base aérienne 101 jouxtant l’aéroport international Diori Hamani de Niamey a été attaquée — opération revendiquée par l’État islamique. Dans la nuit du 8 au 9 mars, c’est la base aérienne 401 de Tahoua, dans le centre du pays, qui a été ciblée une première pour cette ville considérée comme un centre stratégique dans la lutte antiterroriste.
Deux frappes majeures, deux mois. La junte du général Tiani, qui avait promis de rétablir la sécurité après le coup d’État de juillet 2023, voit sa rhétorique soumise à rude épreuve.
Le retrait américain avait montré la voie
L’Allemagne n’est pas la première. Fin janvier, les États-Unis avaient ordonné le départ immédiat de leur personnel non essentiel et de leurs familles, au lendemain de l’attaque revendiquée par l’État islamique sur l’aéroport de Niamey. Berlin emboîte le pas. D’autres chancelleries pourraient suivre.
En 2025, le Niger est devenu le troisième pays le plus touché par le terrorisme au monde, dépassant le Mali et la Syrie. Un classement funeste que la junte, venue au pouvoir en promettant rupture et souveraineté retrouvée, peine à contester avec des actes.
Pour Niamey, l’isolement diplomatique s’approfondit. Pour le Sahel dans son ensemble, le message est brutal : les partenaires occidentaux ne croient plus à leur propre sécurité dans la région.