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Congo-Brazzaville : qui est Constant-Serge Bounda, nouveau ministre des Affaires étrangères ?

Constant-Serge Bounda
Le nouveau gouvernement Makosso, formé dans la nuit du 24 avril, compte onze entrants pour 41 membres au total. La nomination de Constant-Serge Bounda aux Affaires étrangères est le choix le plus lisible politiquement : un profil onusien, multilatéral, anglophone, dans un pays dont la diplomatie a longtemps fonctionné à huis clos.

Denis Sassou Nguesso a reconduit Anatole Collinet Makosso au poste de Premier ministre par décret du 23 avril 2026, dans la foulée de sa réélection lors du scrutin des 12 et 15 mars. La composition du nouveau gouvernement a été annoncée dans la nuit du 24 avril par Florent Tsiba, directeur de cabinet du chef de l’État, sur la télévision nationale. Onze entrants, six sortants, une continuité administrative affirmée.

Le signal le plus politique de cette équipe n’est pas venu de l’Intérieur ni des Finances. Il est venu des Affaires étrangères.

Constant-Serge Bounda prend en charge le portefeuille des Affaires étrangères, de la Francophonie et des Congolais de l’étranger. Son profil tranche avec les circuits habituels du pouvoir brazzavillois. Ancien ambassadeur du Congo au Mozambique, avec accréditations couvrant Madagascar, Maurice, le Malawi, les Seychelles et les Comores, il a surtout construit une carrière dans le système onusien. Représentant du FNUAP à Madagascar entre 2017 et 2020, directeur pays pour Maurice, Comores et Seychelles, il a été auparavant représentant du PNUE en Éthiopie auprès de l’Union africaine de 2010 à 2017. Il a travaillé avec l’OIT, l’OMS, le TPIR et l’OMM. Il parle français et anglais.

Ce parcours dit quelque chose sur ce que Sassou Nguesso attend de sa diplomatie dans ce nouveau mandat. Pas un gestionnaire de postes consulaires, mais quelqu’un qui connaît les couloirs de Nairobi, d’Addis-Abeba et de Genève. Quelqu’un capable de naviguer dans les enceintes multilatérales où se jouent aujourd’hui les équilibres sur le financement climatique, les ressources naturelles et les relations avec le Sud global.

Le reste du gouvernement reflète une logique différente. Jean-Jacques Bouya fait son entrée comme Vice-Premier ministre, un poste qui n’existait pas auparavant. Jean Olessongo Ondaye, général de brigade et ancien commandant de la zone militaire de défense numéro 1, prend l’Intérieur. Noël Léonard Essongo, officier général et ancien chef d’état-major de l’armée de terre, hérite du Contrôle d’État. La sécurisation du pouvoir après une réélection reste une constante.

Les profils économiques sont plus variés. Michel Djombo, ingénieur formé au Royaume-Uni et en France, fondateur de CA-Agri et président d’Unicongo depuis 2022, prend le Développement industriel et les Zones économiques spéciales. Rodrigue Charles Malanda Samba, économiste et fondateur du parti Action pour le Congo, est nommé à l’Emploi et à la Formation qualifiante. Deux profils du secteur privé et de la société civile dans un gouvernement majoritairement issu de l’appareil d’État.

Au cœur des priorités annoncées pour ce quinquennat figurent la diversification économique, l’emploi des jeunes, les infrastructures et la modernisation du port de Pointe-Noire. Le FMI avait validé en mars 2025 la sixième et dernière revue de l’accord au titre du Fonds élargi de crédit, une étape qui a restauré la crédibilité extérieure du pays. Bounda aux Affaires étrangères s’inscrit dans cette logique : le Congo a besoin de partenaires, pas seulement de déclarations.

Ce que cet attelage produira diplomatiquement dépendra en grande partie de la marge de manoeuvre réelle laissée à Bounda. La diplomatie congolaise a longtemps été une affaire de cercle présidentiel. Confier ce portefeuille à un technicien des organisations internationales peut signifier une ouverture sincère. Ou une vitrine.

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