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Sénégal : Macky Sall défend son bilan sécuritaire et justifie la loi d’amnistie après les violences de fin de mandat

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Au moment où le Sénégal tente de tourner la page d’une séquence politique particulièrement tendue, Macky Sall livre sa lecture des événements qui ont marqué la fin de son mandat. Dans une prise de parole détaillée, l’ancien chef de l’État défend la gestion de la crise et revendique un choix politique assumé : celui de l’apaisement, à travers une loi d’amnistie controversée.

Une lecture sécuritaire des événements

Dans son récit, Macky Sall décrit une situation de crise majeure, où « la survie de la République était engagée ». Il évoque des épisodes de violences urbaines ayant touché plusieurs secteurs stratégiques du pays : habitations incendiées, attaques contre des organes de presse, menaces visant des magistrats et responsables politiques.

Ces déclarations font écho aux troubles qui ont secoué le Sénégal entre 2021 et 2024, notamment à Dakar et dans plusieurs grandes villes. Ces manifestations, initialement déclenchées par l’arrestation de Ousmane Sonko, ont progressivement pris une dimension politique plus large, mêlant contestation du pouvoir, accusations d’instrumentalisation de la justice et tensions sociales.

Selon des données d’Amnesty International (rapport 2023), ces affrontements ont fait plusieurs dizaines de morts et des centaines de blessés, avec des destructions importantes d’infrastructures publiques et privées. Les autorités sénégalaises avaient alors dénoncé des « actes insurrectionnels », tandis que l’opposition évoquait une répression excessive.

Des infrastructures et symboles visés

Macky Sall insiste sur la nature des cibles : projets structurants comme le Train Express Régional (TER) ou les Bus Rapid Transit (BRT), mais aussi des lieux symboliques comme l’université Cheikh Anta Diop de Dakar. Dans ce contexte, l’ancien président affirme avoir agi conformément à son serment constitutionnel : « défendre les institutions, protéger les citoyens ».

La loi d’amnistie au cœur du débat

Point central de sa défense : la loi d’amnistie adoptée en mars 2024. Présentée comme un instrument de pacification, cette loi a permis la libération de plusieurs figures de l’opposition, dont Ousmane Sonko, et a ouvert la voie à la participation de leurs partis à l’élection présidentielle.

Macky Sall reconnaît que cette décision a été prise « contre la volonté de [son] camp », mais justifiée par « l’intérêt supérieur de la nation ». L’objectif affiché était d’éviter une transition sous tension et de garantir la tenue d’un scrutin apaisé.

Ce choix reste toutefois contesté. Plusieurs organisations de défense des droits humains ont critiqué une loi susceptible d’effacer des responsabilités dans des violations graves. Amnesty International appelait notamment à « faire la lumière sur les morts et blessures survenues lors des manifestations » (rapport 2024).

Une transition politique validée par les urnes

L’ancien président met en avant un argument central : la légitimité démocratique du pouvoir actuel. « Ils ont gagné démocratiquement », insiste-t-il, soulignant que l’alternance s’est opérée par les urnes et non par la rue.

L’élection présidentielle de mars 2024 a effectivement conduit à la victoire de l’opposition, confirmant une alternance politique majeure au Sénégal, souvent présenté comme un modèle de stabilité démocratique en Afrique de l’Ouest.

Une ligne de défense contestée

Enfin, Macky Sall rejette toute accusation de responsabilité directe dans les violences. Il interroge : « Le président a-t-il donné l’ordre à qui que ce soit ? », estimant que les accusations portées contre lui relèvent d’un « récit en déphasage avec la réalité ».

Ce point reste au cœur des tensions politiques actuelles. Certains acteurs de la société civile et de l’opposition demandent la réouverture des enquêtes, ce qui impliquerait une abrogation préalable de la loi d’amnistie.

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