Le bac de Popokabaka, dans la province du Kwango, traverse de nouveau la rivière Kwango depuis le vendredi 9 octobre 2026. Il était immobilisé depuis quatre ans. Pendant tout ce temps, les habitants des deux rives ont traversé en pirogue, et le passage est passé de 500 à 1 000 francs congolais.
La veille, jeudi 8 octobre, la ministre provinciale des Infrastructures, des Travaux publics, de la Reconstruction et des Transports, Nancy Kasela Lawu, avait supervisé la remise en marche du bac, en présence des autorités locales, de représentants de la société civile et d’habitants. Elle était venue à Popokabaka sur instruction du gouverneur, Willy Bitwisila.
« Nous sommes ici pour relancer le bac qui était en panne depuis 4 ans. Après les cris d’alarme de la population, le gouverneur du Kwango nous a dépêchés, parce que nos frères qui habitent les deux rives connaissent beaucoup de difficultés pour traverser », a déclaré la ministre.
Le bac avait échoué sur la rivière et restait bloqué contre les rochers. Les agents de l’Office des routes ont d’abord fait un constat, puis les réparations : le moteur, les hélices et d’autres équipements. Le gouvernement provincial les a payées sur ses fonds propres. Il prend aussi en charge le carburant des premières traversées.
Le service ne reprend pas tout de suite à plein régime. L’équipage passe d’abord par une période d’écolage, le temps de se remettre à niveau, avant la reprise normale des traversées. Une seconde phase de travaux doit suivre : l’achat et l’installation d’un deuxième moteur, et l’acquisition d’équipements de sécurité, dont des gilets de sauvetage.
Quatre ans, c’est long pour une cité dont l’économie tient à la rivière. Popokabaka est un centre de production agricole, et ses récoltes passent d’une rive à l’autre pour être vendues. Sans bac, les marchandises passaient en pirogue de fortune, avec le risque de noyade que cela suppose. Les agriculteurs étaient les premiers touchés. Les enseignants et les élèves aussi, qui devaient traverser tôt le matin et dépendaient de l’heure à laquelle les piroguiers voulaient bien partir, quitte à arriver en retard en classe.
« Nos frères de Popokabaka ont beaucoup souffert. C’était difficile d’évacuer leurs marchandises de la rive droite vers la rive gauche et vice-versa », a résumé Nancy Kasela Lawu.
La panne avait été signalée dès juillet 2022. Symphorien Kwengo Manzanza, président de la Fédération des organisations paysannes du diocèse de Popokabaka (FODIPO), décrivait alors des paysans bloqués avec leurs récoltes après la panne du bac sur la rivière Kwango, entre Popokabaka et le territoire de Kimvula, au Kongo-Central. Il demandait aux autorités nationales et provinciales d’envoyer des mécaniciens « de manière urgente ».
Pendant la même mission, la ministre a relancé les travaux de cantonnage manuel sur la RN16, la route qui relie Popokabaka à Kenge et à Kinshasa. Confiés à l’Office des voies de desserte agricole (OVDA), ils portent sur une première tranche de 70 kilomètres, de Kimbongo jusqu’à la rivière Kwilu, en passant par Ngasa. Le bac et la route servent le même objectif, selon la ministre : relier ce centre de production aux marchés où ses récoltes se vendent.
Reste ce que les habitants regarderont dans les semaines qui viennent : le prix de la traversée, que quatre ans de pirogue ont doublé, et l’arrivée du second moteur, sans lequel le bac repart sur une seule machine.
Œil d’Afrique