À la Une

Sénégal : Rentrée scolaire avec des écoles encore sous l’eau

La rentrée scolaire au Sénégal a lieu ce lundi 12 octobre 2026, cinq jours après la date prévue, alors que des établissements restent inondés. Le ministre de l’Éducation nationale, Moustapha Mamba Guirassy, admet que certaines écoles auront besoin de 24 à 48 heures de plus pour accueillir leurs élèves, chiffre à 72 heures les cours perdus et promet que le quantum horaire, le volume d’heures d’enseignement dû sur l’année, sera « sanctuarisé ».

Marval31 · CC BY-SA 4.0

La rentrée scolaire au Sénégal a lieu ce lundi 12 octobre 2026, cinq jours après la date prévue, alors que des établissements restent inondés. Le ministre de l’Éducation nationale, Moustapha Mamba Guirassy, admet que certaines écoles auront besoin de 24 à 48 heures de plus pour accueillir leurs élèves, chiffre à 72 heures les cours perdus et promet que le quantum horaire, le volume d’heures d’enseignement dû sur l’année, sera « sanctuarisé ».

À Kaolack, l’inventaire date du jeudi 1er octobre. Devant le comité régional de développement présidé par le gouverneur, l’inspecteur d’académie Samba Diakhaté a présenté la situation de sa circonscription : 35 établissements scolaires sous les eaux, 64 autres qui demandent des travaux de réhabilitation, un déficit de 9 500 tables-bancs. Deux noms figurent sur la liste des chantiers, le CEM Moustapha Ndiaye et le lycée Valdiodio Ndiaye. « En concertation avec les différents acteurs, la situation a été faite et envoyée aux autorités », a expliqué l’inspecteur.

Ce bilan a été dressé avant les fortes pluies du début d’octobre, qui ont frappé Dakar et plusieurs régions et poussé le gouvernement à décaler la rentrée. Le 6 octobre, le ministère de l’Éducation nationale a reporté au lundi 12 la reprise des élèves, initialement fixée au mercredi 7, pour « garantir la sécurité des élèves et permettre la poursuite des opérations de nettoyage, d’assainissement et de remise en état des établissements ».

Une promesse nationale, des retards locaux

Le ministre a défendu son calendrier dimanche 11 octobre, sur la RTS, dans l’émission « Point de vue ». « Très sincèrement, il ne faut pas se faire peur. 72 heures, c’est maîtrisable et largement jouable », a-t-il déclaré, avant d’ajouter : « Le quantum horaire, là, nous le sanctuarisons. Et il n’y a aucune crainte à se faire à ce sujet. » Pour récupérer le temps perdu, il cite l’aménagement des périodes de cours, la prolongation de certaines activités pédagogiques et un recours plus large aux ressources numériques.

Le report a effacé trois jours de classe, du mercredi 7 au vendredi 9 octobre. Ce compte vaut pour une école qui ouvre ce matin. Pour celles auxquelles le ministre accorde un délai, il faut ajouter un ou deux jours, et ce retard ne touche que certaines classes, dans certains quartiers. Le quantum se calcule pour tout le pays ; le retard, lui, se mesure école par école.

Le ministre a cité un cas, l’école Ndiaye Lô de Rufisque, où la remontée de la nappe phréatique rend le pompage inefficace. C’est le seul établissement qu’il ait nommé parmi ceux qui pourraient ouvrir avec 24 à 48 heures de retard.

Il n’a pas actualisé le chiffre national. Sur près de 30 000 établissements scolaires que compte le pays, environ 644 avaient été recensés comme touchés dans une première estimation, puis un peu plus de 200, avant une nouvelle baisse à la veille de la rentrée, sans nombre précis. Les seuls chiffres détaillés qu’il a donnés concernent la banlieue de Dakar : 46 établissements publics touchés à Guédiawaye, 62 sur 170 à Pikine. Ce lundi, sa tournée de supervision devait commencer à 9 heures dans deux écoles de cette banlieue, le complexe Seydina Issa Laye de Cambérène et le groupe scolaire Elimane Ndiaye de Pikine.

Fatick, 77 établissements et une carte scolaire redessinée

Dans la région de Fatick, le décompte vient d’un document de l’Inspection d’académie et de la Direction de la maintenance des constructions scolaires, diffusé le 6 octobre. Il recense 77 établissements touchés par l’hivernage 2026 : trois dans le préscolaire, 44 dans l’élémentaire, 30 dans le moyen-secondaire. Les départements de Foundiougne et de Fatick concentrent près de 70 % des structures atteintes.

Le détail par inspection de l’éducation et de la formation situe les dégâts. À Fatick, 28 établissements sont concernés, 15 écoles élémentaires et 13 du moyen-secondaire. Foundiougne en compte 27, Diofior 15, Gossas 7. Les dégâts vont des cours d’école et des salles de classe inondées aux toitures arrachées par le vent, jusqu’aux murs de clôture effondrés. La rentrée coïncide en outre avec un redécoupage : Sokone devient une inspection à part entière et prend en charge Karang Poste, Keur Samba Guèye, Toubacouta ou Nioro Alassane Tall.

Une école dont la toiture est partie ou dont le mur de clôture est tombé n’est pas seulement en retard. Elle ouvre, ou n’ouvre pas, selon que les travaux ont été faits dans la semaine.

À Kaolack, l’eau n’est pas le seul trou dans l’emploi du temps

Le quantum horaire suppose qu’un enseignant soit devant la classe. À Kaolack, l’inspecteur d’académie a chiffré le manque avant même les pluies : 231 enseignants font défaut dans le secondaire, 124 dans le préscolaire et l’élémentaire, dont 91 en français et 33 en arabe. « Ce déficit est évalué sur la base des départs non remplacés ou encore des besoins non satisfaits l’année passée », a précisé Samba Diakhaté.

Pour une classe sans professeur de français, les trois jours de report pèsent moins que chaque semaine où le poste reste vacant. Le gouvernement annonce le déploiement de plus de 8 400 enseignants cette année, sortants des centres régionaux de formation, de la Faculté des sciences et technologies de l’éducation et de la formation (FASTEF) et de l’Université Gaston Berger, plus 2 527 agents issus du dernier recrutement spécial.

Même écart pour le mobilier. Le ministre rappelle que près de 60 000 tables-bancs ont été distribuées l’an dernier dans tout le pays et annonce un volume comparable pour cette année. Il en manque 9 500 dans la seule académie de Kaolack. Le gouverneur, lors du comité du 1er octobre, a demandé de « parachever le désherbage des salles de classe » et de chasser les occupations irrégulières des établissements.

Le calendrier en question

Les parents d’élèves avaient demandé plus de temps. Dans un communiqué du 9 octobre, la Fédération nationale des associations de parents d’élèves et étudiants du Sénégal (FENAPES), présidée par Ibrahima Top, réclamait un nouveau report au lundi 19 octobre, en invoquant les inondations persistantes et les fortes pluies annoncées par l’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (ANACIM) pour le week-end du 10 au 12 octobre. La fédération propose aussi une année scolaire de novembre à juillet, qui couvrirait neuf mois sans faire coïncider la rentrée avec l’hivernage.

Le ministre a maintenu la date du 12 octobre et renvoie la question du calendrier à l’an prochain. Il évoque une « semi-académisation » : certaines académies pourraient démarrer avec environ une semaine de décalage selon les contraintes locales, examens et concours restant nationaux. La piste est à l’étude dans le cadre de la refondation du système éducatif. Rien n’est décidé.

Pour que la sanctuarisation du quantum horaire se vérifie, il faudra savoir quelles écoles ont ouvert ce lundi, lesquelles ouvriront mercredi, et combien d’heures chaque classe aura perdues d’ici à la fin du premier trimestre. À Kaolack, la question se pose en termes simples pour le CEM Moustapha Ndiaye et le lycée Valdiodio Ndiaye : savoir si les travaux inscrits le 1er octobre ont été faits avant le retour des élèves.

Œil d’Afrique

Lire aussi

À la Une

Le village de Tomboronkoto, dans la région de Kédougou, doit être déplacé : l'or qui se trouve sous ses maisons doit prolonger la vie...

À la Une

Depuis le 17 septembre 2026, aucune hôtesse ni aucun steward sénégalais d'Air Sénégal ne travaille plus sur la ligne Dakar-Paris-Dakar. La direction générale de...

Ils font l'actu

Pierre Thiam a passé trente ans à mettre la cuisine ouest-africaine sur les tables du monde, de Brooklyn à Lagos. Depuis 2017, le chef...

Sports

Les Jeux olympiques de la jeunesse, les JOJ Dakar 2026, s'ouvrent le 31 octobre, et les billets d'une compétition y coûtent 1 000 francs...

Copyright © 2011 Oeil d'Afrique — Un milliard de regards

Quitter la version mobile