Les Jeux olympiques de la jeunesse, les JOJ Dakar 2026, s’ouvrent le 31 octobre, et les billets d’une compétition y coûtent 1 000 francs CFA. Le comité d’organisation a mis en vente 964 815 billets, dont plus de 300 000 réservés aux écoles, aux clubs et aux jeunes. Ce prix a un revers que le plan de financement des Jeux dit sans détour : sur un budget d’organisation de près de 103 milliards de francs CFA, les recettes commerciales et la billetterie réunies n’en attendent que 3,6 milliards. L’essentiel vient de l’État sénégalais et du Comité international olympique.
Du 31 octobre au 13 novembre, environ 2 700 athlètes de 15 à 17 ans doivent concourir à Dakar, à Diamniadio et à Saly, dans 35 sports, dont dix disciplines d’initiation destinées à faire découvrir de nouvelles pratiques. C’est la première fois qu’une compétition olympique se tient en Afrique.
La billetterie a ouvert le 6 août, d’abord pour les détenteurs de cartes Visa, partenaire du mouvement olympique, puis pour le grand public à partir du 10 août. Les tarifs vont de 1 000 à 5 000 francs CFA. Une épreuve coûte 1 000 francs, un passe d’une journée à Saly, qui donne accès à plusieurs sites, 1 500 francs. Les places de la cérémonie d’ouverture commencent à 2 000 francs pour les personnes à mobilité réduite. Les achats sont plafonnés à 10 à 16 billets par session, pour freiner la revente, et les zones de supporters seront gratuites.
Une partie des gradins est déjà payée par d’autres. La Fondation Sénégal Solidaire, portée par la Première dame, Marie Khone Faye, a annoncé en septembre 500 millions de francs CFA pour acheter 200 000 billets, soit 2 500 francs la place en moyenne. Ils doivent être remis à des écoles et à des associations dans les régions, qui choisiront les bénéficiaires et organiseront leur déplacement. Les règles de répartition n’étaient pas encore fixées lors de l’annonce.
Le détail des contributions a été arrêté en conseil interministériel, le 15 octobre 2024, sous la présidence du Premier ministre, Ousmane Sonko. Pour l’organisation des Jeux, l’État s’engageait à hauteur de 36 milliards de francs CFA et le Comité international olympique de 54 milliards. S’y ajoutaient 7,5 milliards attendus d’agences et d’organismes internationaux, 1,8 milliard des fédérations internationales de baseball et de wushu, et 3,6 milliards de revenus commerciaux et de billetterie. À cette date, l’État avait mobilisé 7,5 milliards sur sa part, et la contribution du CIO ne l’était pas encore.
Les recettes attendues du public et des partenaires commerciaux pèsent donc environ 3,5 % du budget d’organisation. Un calcul simple en donne l’ordre de grandeur : vendus tous à 1 000 francs, les 964 815 billets rapporteraient moins d’un milliard. Le choix des prix bas est délibéré, et le programme solidaire en fait la part la plus visible.
La rénovation des sites relève d’une autre enveloppe. La piscine olympique et le stade Iba Mar Diop ont été remis à neuf avec un financement de l’Agence française de développement, auquel l’État ajoutait 11,3 milliards de francs CFA de contrepartie selon le même relevé de décisions. Le président Bassirou Diomaye Faye a réceptionné les deux ouvrages le 25 juillet, au complexe de la Tour de l’Œuf, et s’est dit satisfait d’une livraison « dans les délais ».
Le 5 octobre, sur RFI, la ministre de la Jeunesse et des Sports, Djireye Clotilde Coly, a assuré que le pays était prêt. Interrogée sur les routes autour de la piscine olympique et sur les travaux encore en cours sur ce site, elle a affirmé que les chantiers seraient achevés avant les Jeux. Face aux questions sur le chômage et la vie chère, elle a défendu une dépense qui ne se mesure pas, selon elle, en retour sur investissement immédiat, mais en infrastructures durables et en compétences.
Elle avance 6 000 volontaires formés et plus de 900 000 jeunes touchés dans les écoles par les programmes olympiques d’éducation civique et sportive. Le comité d’organisation a présenté le 3 octobre une Dakar Learning Academy, qui doit former plus de 400 jeunes aux métiers de l’organisation d’événements sportifs. Djireye Clotilde Coly, experte-comptable de formation, est en poste depuis le 1er juin.
Sur le terrain, 135 athlètes défendront les couleurs du Sénégal. Aucun objectif chiffré de médailles n’a été fixé.
Œil d’Afrique




































