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RDC : Makala remonte à 16 238 détenus pour 1 500 places

La prison centrale de Makala, à Kinshasa, compte 16 238 détenus pour 1 500 places, plus de dix fois sa capacité. Le chiffre a été donné le jeudi 15 octobre 2026 par son directeur, André Kanza wa Kanza, pendant la visite du ministre d’État à la Justice, Guillaume Ngefa Atondoko Andali. Moins de deux ans après avoir été vidée de moitié, Makala est revenue au niveau de juin 2024.

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La prison centrale de Makala, à Kinshasa, compte 16 238 détenus pour 1 500 places, plus de dix fois sa capacité. Le chiffre a été donné le jeudi 15 octobre 2026 par son directeur, André Kanza wa Kanza, pendant la visite du ministre d’État à la Justice, Guillaume Ngefa Atondoko Andali. Moins de deux ans après avoir été vidée de moitié, Makala est revenue au niveau de juin 2024.

Parmi ces détenus, 299 femmes et 229 enfants en conflit avec la loi. Plus de 11 000 personnes, soit plus des deux tiers de la population de la prison, sont en détention préventive selon les chiffres présentés ce jour-là : elles attendent la suite de leur procédure et n’ont pas été jugées.

Le ministre a lui-même fait le compte devant les détenus. « Quand je prenais fonction et que je suis venu ici pour la première fois, vous étiez 8 000. Aujourd’hui, vous êtes 16 000, ce qui représente quand même une augmentation exponentielle, avec le même budget », a déclaré Guillaume Ngefa, en poste depuis le 12 août 2025. Il a ajouté : « Ça veut dire qu’on nourrit 16 000 personnes avec un budget prévu pour moins de 5 000. »

Accompagné du procureur général près la Cour de cassation, Firmin Mvonde Mambu, le ministre a parcouru les pavillons des femmes, des enfants et des malades. Dans celui des femmes, des détenues ont dit partager un même lit à huit. La délégation y a rencontré des mères incarcérées avec leurs enfants en bas âge.

Au passage des visiteurs, des détenus ont interpellé la délégation : « Nous sommes fatigués, nous souffrons. Il n’y a pas où dormir. Accordez-nous des mesures de grâce. » Plusieurs ont affirmé être incarcérés pour des infractions mineures. « La souffrance y est, nous compatissons, mais nous devons aussi faire notre travail », a reconnu Firmin Mvonde.

Les médecins de la prison doivent examiner chaque jour « 200 et quelques détenus malades », selon le ministre, qui s’est aussi inquiété de la présence de personnes souffrant de troubles mentaux. Pour les enfants, il a rappelé que leur intérêt supérieur devait primer, conformément à la Convention des Nations unies relative aux droits de l’enfant, et plaidé pour leur accès à l’école.

Makala a été construite en 1957 sous l’administration coloniale belge, entre les communes de Makala et de Selembao. Son nom officiel est Centre pénitentiaire de rééducation de Kinshasa. Sa capacité n’a pas changé : 1 500 places.

Le 6 janvier 2025, le ministre de la Justice de l’époque, Constant Mutamba, présentait la baisse de la population carcérale comme un résultat de son action. « À notre arrivée en juin 2024, la prison comptait plus de 16 000 détenus. Aujourd’hui, en décembre 2024, ce chiffre est passé à 8 000 », déclarait-il lors d’un point de presse à Kinshasa. Lors de la première visite de son successeur, arrivé en août 2025, ils étaient toujours 8 000, selon Guillaume Ngefa. Depuis, le chiffre a doublé.

Ce n’est pas la première alerte de l’année. Le 14 février 2026, Guillaume Ngefa avait interdit par circulaire toute nouvelle admission à la prison de Makala « jusqu’à nouvel ordre », après l’apparition du choléra entre ses murs. La même circulaire limitait les visites et ordonnait l’envoi de médicaments et de produits de désinfection.

Face à ces chiffres, la réponse reste celle du cas par cas. Le 15 octobre, le procureur général a procédé à quelques libérations symboliques parmi 108 détenus identifiés après examen de leur dossier. La semaine précédente, le ministre avait accordé la libération conditionnelle à 66 détenus remplissant les conditions légales.

Guillaume Ngefa a annoncé une évaluation des détenus pouvant sortir pour raisons humanitaires. « Le directeur de la prison, avec le médecin, procédera à une évaluation de nos compatriotes susceptibles de bénéficier de libérations pour des raisons humanitaires, compte tenu de leur état physique et de santé, et surtout sur la base des rapports médicaux qui seront établis », a-t-il indiqué.

Ces sorties se comptent en dizaines, quand la prison a gagné plus de 8 000 détenus en un peu plus d’un an. Tant que plus de 11 000 personnes y attendent d’être jugées, c’est du côté des parquets et des tribunaux de Kinshasa que se joue le désengorgement. Le ministre a promis de revenir à Makala avant la fin de l’année pour mesurer les progrès.

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