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RDC : Les collecteurs de taxes de Kinshasa réclament 20 mois de salaire

Les agents des régies financières de la ville de Kinshasa, ceux qui encaissent les taxes et les redevances de la capitale, cumulent vingt mois d’arriérés de salaire, selon leur intersyndicale. Le personnel des cabinets politiques en compte quinze, celui des divisions urbaines treize à quatorze. Réunie en assemblée générale extraordinaire le mardi 20 octobre 2026, l’intersyndicale de l’administration publique urbaine a appelé à une grève générale de tous les services publics de la ville à partir du mercredi 21 octobre. Elle demande trois mois de salaire.

MONUSCO/Myriam Asmani · CC BY-SA 2.0

Les agents des régies financières de la ville de Kinshasa, ceux qui encaissent les taxes et les redevances de la capitale, cumulent vingt mois d’arriérés de salaire, selon leur intersyndicale. Le personnel des cabinets politiques en compte quinze, celui des divisions urbaines treize à quatorze. Réunie en assemblée générale extraordinaire le mardi 20 octobre 2026, l’intersyndicale de l’administration publique urbaine a appelé à une grève générale de tous les services publics de la ville à partir du mercredi 21 octobre. Elle demande trois mois de salaire.

« Ce mouvement vise notamment à obtenir le paiement de trois mois de salaires aux personnels des régies, des cabinets politiques ainsi que des services rattachés et assimilés, sur les 20 mois d’arriérés qu’ils accusent », a déclaré David Luyeye, président de l’intersyndicale. C’est le troisième mouvement de l’année à l’Hôtel de ville, et le deuxième depuis que le gouvernement provincial a signé lui-même, le 28 avril, un calendrier de paie daté mois par mois.

En avril, les bureaux avaient été scellés à l’aube. Le 22 avril, l’ancien immeuble du gouvernement provincial, qui abrite les ministères provinciaux des Finances, du Budget, des Transports et des Mines, plusieurs divisions qui génèrent des recettes et la comptabilité publique de la ville, était fermé. « La paie est devenue un véritable tabou », disait ce jour-là le président de l’intersyndicale. Les syndicats réclamaient huit mois de 2025 pour le personnel administratif, dix pour le personnel politique, les mois de janvier, février et mars 2026, et le reversement de 5 % des recettes aux services qui les mobilisent.

Le 27 avril, une réunion tripartite a réuni le gouvernement provincial, l’intersyndicale et la banque payeuse au ministère provincial des Finances. Le ministre, Magloire Kabemba Okandja, y a annoncé des fonds disponibles pour deux mois de salaire. Le lendemain, un protocole d’accord fixait la suite. Le gouvernement provincial s’y engageait à « payer régulièrement pour l’année 2026, la rémunération mensuelle due aux agents de l’administration publique urbaine avec ceux des cabinets politiques ainsi que l’apurement progressif des arriérés de l’année 2025 ».

Le texte datait chaque versement. Décembre 2025 et février 2026 à partir du 28 avril, mars et avril à la mi-mai, mai à la mi-juin, juin 2026 et septembre 2025 à la mi-juillet, juillet à la mi-août, août 2026 et mai 2025 à la mi-septembre. Le salaire d’octobre 2026 est attendu à la mi-novembre. La grève a été suspendue le 29 avril.

Le calendrier n’a pas tenu deux mois. Le 26 juin, l’intersyndicale a fait fermer de nouveau les divisions urbaines, les régies, les morgues, les cimetières et les marchés publics qui dépendent de l’Hôtel de ville, « jusqu’au paiement régulier et intégral des salaires et primes ». Le 1er juillet, elle chiffrait l’impayé à douze mois. Le 14 juillet, la grève devenait générale. Les syndicats demandaient au moins quatre mois sur les treize dus, et l’exécutif provincial, selon leurs représentants, n’en proposait qu’un.

En octobre, la dette décrite par les syndicats a changé d’échelle. Le 2 octobre, au gouvernorat, la réunion avec le directeur de cabinet du gouverneur faisait état de treize mois pour les administratifs, quinze pour les cabinets politiques et vingt pour les régies. Le 15 octobre, les agents ont tenu un sit-in devant l’Assemblée provinciale. « Pendant qu’ils sont régulièrement payés, le personnel qui mobilise les recettes et qui est présent chaque jour dans les bureaux à partir de 8 heures 30 ne perçoit pas son salaire », a lancé David Luyeye à l’adresse des députés provinciaux. Le président de l’Assemblée leur a répondu par une lettre, remise sur place, qui leur demandait de passer par les voies légales et de ne pas porter atteinte au siège de l’institution.

Le chiffre des régies est celui qui pèse le plus sur la ville. Ce sont elles qui tiennent les guichets où Kinshasa encaisse ses taxes : quand leurs agents ferment les bureaux, la province perd les recettes qui doivent servir à les payer.

Le 18 octobre, l’intersyndicale a donné au gouvernement provincial un préavis « ferme » jusqu’au 20 octobre. Son président a aussi donné un ordre de grandeur de l’effectif : selon lui, à l’issue du contrôle physique mené pour vérifier l’existence réelle des agents payés par la ville, 3 400 personnes restent éligibles à la paie, et aucun agent en activité n’a été écarté.

La prochaine date inscrite au protocole d’avril est la mi-novembre, pour le salaire d’octobre. Les agents de l’Hôtel de ville attendent encore ceux de l’an dernier.

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