À Kolwezi, chef-lieu du Lualaba, chaque ménage doit désormais souscrire à la taxe d’assainissement et d’enlèvement des déchets ménagers, fixée entre 20 et 25 dollars par mois. L’arrêté urbain du maire, Jacques Masengo Kindele, a été rendu public le samedi 17 octobre 2026. La mairie présente la mesure comme un outil de lutte contre l’insalubrité, mené dans le cadre d’un partenariat public-privé.
Sur une année, la facture atteint 240 à 300 dollars par ménage. Le paiement n’est pas laissé au choix : l’arrêté impose à chaque foyer de souscrire, « conformément aux dispositions légales et réglementaires en vigueur ». Les contrevenants s’exposent aux sanctions prévues par le Code de l’hygiène publique.
Le texte fixe aussi les gestes attendus des habitants. Les déchets doivent être conditionnés dans des sachets ou des poubelles, puis remis aux agents chargés de leur évacuation. La mesure s’inscrit dans l’opération « Ville propre et assainie » lancée par l’autorité urbaine.
La décision a d’abord pris la forme d’une lettre du maire datée du mercredi 7 octobre. Le montant et les modalités de paiement n’y étaient pas encore précisés. La fourchette de 20 à 25 dollars n’a été connue qu’après la publication de l’arrêté, dix jours plus tard.
Dans les quartiers, l’accueil est partagé. Plusieurs habitants interrogés le lundi 19 octobre discutent surtout l’ordre des opérations. Ils demandent que la mairie identifie d’abord les ménages concernés et installe des poubelles publiques avant de rendre le paiement obligatoire. « Il serait important d’aller étape par étape », estime l’un d’eux, qui voudrait voir la collecte couvrir tous les quartiers de la ville.
D’autres rejettent le principe même. Pour un habitant, la prise en charge de l’assainissement devrait relever des pouvoirs publics. Une résidente pose la question du montant, réclamé à tous les foyers quels que soient leurs revenus. « Chacun de nous n’a pas les mêmes moyens, ni le même budget », fait-elle remarquer.
Le maire avait posé le principe il y a plus d’un an. Le 28 août 2025, il appelait les opérateurs économiques à investir dans la transformation des déchets, en présentant l’assainissement comme une affaire collective et un secteur d’activité pour l’économie locale. L’arrêté du 17 octobre fait passer cette idée du discours à la facture.
Reste à voir ce que les ménages recevront en échange. Le nom de l’opérateur privé, la fréquence des passages et la carte des quartiers desservis décideront si la taxe paie un service ou s’ajoute simplement aux charges des foyers de la capitale du cobalt.
Œil d’Afrique