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Sénégal : Éligibilité Accordée à Khalifa Sall et Karim Wade en Prévision de la Présidentielle

À sept mois de l'élection présidentielle, deux personnalités majeures de l'opposition sénégalaise, Khalifa Sall et Karim Wade, devraient être autorisées à présenter leur candidature suite à la réforme du code électoral approuvée par les députés le samedi. Cette réforme permet à une personne condamnée, ayant ensuite bénéficié d'une amnistie ou d'une grâce, comme c'est le cas pour ces deux hommes, de figurer sur les listes électorales.

Samedi 5 août, les députés sénégalais ont rendu leur éligibilité à deux figures de l'opposition, Khalifa Sall et Karim Wade, à sept mois de l'élection présidentielle où ils sont susceptibles de figurer parmi les principaux candidats.

La réforme du code électoral, adoptée par 124 voix pour, 1 contre et 0 abstention, permet à une personne condamnée et ayant bénéficié ensuite d'une amnistie ou d'une grâce - ce qui est le cas de Sall et Wade - de figurer sur les listes électorales et donc de se présenter aux élections.

Si le texte défendu par le gouvernement est promulgué, Khalifa Sall, ancien maire de Dakar, et Karim Wade, héritier de l'ancien président Abdoulaye Wade, devraient figurer parmi les principaux candidats à l'élection présidentielle de février 2024.

Leur réhabilitation électorale est considérée comme un pas important pour apaiser les tensions politiques au Sénégal, qui a connu des épisodes de contestation violente depuis 2021, en particulier entre l'opposant Ousmane Sonko et le pouvoir.

L'incertitude autour de la candidature du président sortant pour un troisième mandat et de l'éligibilité de Khalifa Sall et Karim Wade a contribué à ces tensions.

Le président Macky Sall, à la tête du pays depuis 2012, a finalement annoncé qu'il ne se représenterait pas.

Avec le retour probable de Khalifa Sall et de Karim Wade dans la course, la configuration de l'élection présidentielle, marquée par son indécision, commence à se dessiner davantage.

Karim Wade, âgé de 54 ans, collaborateur et ministre de son père président de 2000 à 2012, a été condamné en 2015 à six ans de prison ferme pour enrichissement illicite. Bien qu'il ait été gracié en 2016 par le président après plus de trois ans de détention, il a dû s'exiler.

Khalifa Sall, 67 ans, maire de Dakar à partir de 2009, a été reconnu coupable du détournement d'environ 2,5 millions d'euros des caisses municipales et condamné en 2018 à cinq ans de prison. Emprisonné en 2017, il a été libéré en 2019 suite à une grâce présidentielle.

Les deux opposants, tout comme Ousmane Sonko, ont dénoncé les procédures judiciaires à leur encontre comme étant politiquement motivées.

Le président Sall a lancé un dialogue avec une partie de l'opposition fin mai, acceptant que l'éligibilité de Khalifa Sall et de Karim Wade soit discutée. Les participants ont convenu de modifier le code électoral.

Khalifa Sall et Ousmane Sonko ont formé une alliance en 2021 en vue des échéances électorales futures. Leur coalition, Yewwi Askan Wi, a remporté plusieurs villes, dont Dakar, aux élections locales de 2022, devenant ainsi la principale force d'opposition à Macky Sall au Parlement.

L'éventualité d'une amnistie pour Khalifa Sall et Karim Wade, évoquée après ces élections, avait été interprétée comme une tentative pour diviser l'opposition.

En somme, la réforme qui restaure l'éligibilité de Khalifa Sall et de Karim Wade apporte un élément supplémentaire à la distribution en cours pour l'élection présidentielle, qui se démarque par son caractère indécis.



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