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Journée internationale des droits des femmes : micro-trottoir à Abidjan

A l’instar des autres pays du monde, la Côte d’Ivoire célèbre ce lundi 8 mars 2021, la journée internationale des droits des femmes sous le thème « Leadership féminin, pour un futur égalitaire dans le monde de la COVID-19 ». Nous avons recueilli les avis des abidjanaises  sur cette journée qui leur est dédiée. 

L’heure du bilan

Pour Marie-France Kouakou, activiste féministe et présidente de l’ONG Overcome, la journée du 8 mars est « plus qu’une fête ».
« Au-delà de toutes les célébrations, cette journée permet également de faire le bilan des actions menées pour la promotion des droits des femmes dans le monde. En 2020, je dirai que nous avons réussi à améliorer les conditions de vie sociales, économiques et même politiques des femmes. En Côte d’Ivoire, nous enregistrons des avancées significatives au niveau des droits de la femme même s’il reste beaucoup à faire. Nous avons réussi à faire comprendre à nos sœurs que notre place ne se trouve pas qu’à la maison, au foyer, mais qu’elle est dans les instances de décisions. Ce 8 mars est aussi une journée de joie. Lorsque la pandémie avait pris de l’ampleur en Côte d’Ivoire, nous avons reçu pas mal de cas de violences conjugales. Nous avons aidé ses femmes à sortir de la détresse, de l’angoisse, des violences. C’est cela notre mission. Ce 8 mars, nous donne donc l’occasion de faire une pause et faire le bilan de nos actions et fixer des objectifs à venir ». 

Mais cette fête n’est pas pour toutes. Bassira Bakayoko, commerçante de légumes, exprime l’absence de signes significatifs de cette journée dans son quotidien. « Nous venons vendre tous les jours. Nous entendons parler de cette journée mais en réalité, nous savons juste que c’est une fête des femmes. Nous venons chercher notre pain car c’est le plus important pour nous. »

L'uniforme

Du côté de Priscille Fleur Daté, étudiante en ressources humaines et communication à l'Institut sainte Marie d’Abidjan les choses sont claires. « Cette journée pouvait être célébrée autrement ». Elle s’explique : « Pour ma part, la journée internationale des droits des femmes est une journée spéciale pour rappeler au monde entier que les femmes ont aussi leurs droits qu’il faut respecter. C’est dommage que par le moment cela se limite à la vente de l’uniforme. Personnellement, je ne voie pas l'avantage. Sinon il pouvait avoir d'autres choses pour honorer la femme. Combien de femmes ne savent même pas ce que nous célébrons ? Mais nous sommes toutes habillées. C’est une occasion pour les hommes de donner par exemple un fonds de commerce aux femmes pour leur permettre d'avoir une autonomie financière, c'est aussi une manière de valoriser la femme. Les femmes aussi peuvent organiser, un match de football suivi d'un dîner entre femmes. Car, nous devons être ensemble ». 

Abran N’Guettia, entreprenante et femme politique, déléguée communal du RHDP à kouassi-Datékro : « Le 8 mars n’est pas une journée de pagne »

« Beaucoup d’entre nous se limitent à l’uniforme. Elles préfèrent le pagne que le respect de leurs droits. Elles connaissent leurs devoirs mais parfois ne connaissent même pas leurs droits. La femme doit apprendre d’abord à connaitre ses droits avant de se battre pour les faire respecter. Elles doivent se battre surtout pour leur autonomisation. Les femmes du monde entier doivent comprendre qu’elles ont les mêmes droits que les hommes. Loin de moi l’idée de briser la culture africaine. Mais cette même culture demande de respecter la femme ».

Enfin pour Sarah-Nick Ouohi, Enseignante : « Les femmes doivent se mettre ensemble pour réussir ce combat » C’est une belle journée. A mon avis, pour qu’on réussisse ce combat, nous devons nous mettre ensemble. Car c’est ensemble nous allons réussir. J’ai mal de voir des femmes haïr d’autres. J’ai mal de voir des femmes qui prennent leurs semblables du même sexe pour des rivales. Comment voulons-nous gagner un combat si nous ne sommes pas ensemble ? J’invite mes sœurs à se mettre ensemble pour rendre le combat plus fort. Le 8 mars doit avoir un autre visage ».

Saliho Abran
Oeil d'Afrique, Abidjan, Côte d'Ivoire



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