Le premier jour du conflit opposant la coalition Israël–États‑Unis à l’Iran apporte déjà plusieurs enseignements majeurs. Contrairement à la guerre de douze jours, Téhéran a cette fois réagi immédiatement et de manière coordonnée aux frappes américano‑israéliennes, visant simultanément Israël et plusieurs bases militaires américaines dans le Golfe. Cette capacité de riposte rapide et relativement efficace révèle un niveau de préparation élevé de la République islamique, qui semble avoir tiré toutes les leçons du précédent affrontement. Plus encore, tout indique que l’Iran n’a pas encore mobilisé l’ensemble de ses moyens, ce qui suscite une inquiétude croissante dans les monarchies du Golfe et surtout aux États‑Unis, où certains analystes estiment que les dommages infligés aux installations américaines dans le Golfe compliquent désormais la marge de manœuvre du Pentagone. Les prochains jours pourraient donc être particulièrement mouvementés.
La mort du Guide suprême, l’Ayatollah Ali Hosseini Khamenei, modifiera‑t‑elle la dynamique militaire ? Rien n’est moins sûr. Le Guide est avant tout une figure religieuse, et les combattants iraniens entretiennent un rapport à la mort qui est très différent de celui des sociétés occidentales ou africaines. Son assassinat, qui en fait un martyr, va non seulement renforcer la détermination de ses partisans, mais aussi accentuer la radicalisation de la frange la plus modérée du régime. Un autre élément mérite attention : Khamenei avait émis une fatwa interdisant la fabrication, le stockage et l’usage d’armes nucléaires, les qualifiant d’haram (interdites par l’Islam). Rien ne garantit que son successeur maintiendra cette position. En vérité, les États-Unis et Israël viennent d’encourager les Iraniens à se doter de l’arme nucléaire au plus vite. Et cela arrivera tôt ou tard. À moins que les pays agresseurs ne lèvent l’option d’intervenir sur le terrain en Iran, ce qui est très peu probable.
Bref. Le conflit armé qui vient de commencer n’est pas une course de vitesse, mais bien un marathon où l’avantage reviendra à la partie capable d’absorber les pertes sans vaciller. Reste à voir comment réagira l’opinion américaine lorsque les premiers cercueils de soldats reviendront sur le sol des États‑Unis.
Par Patrick Mbeko

















