L’Afrique vit plus longtemps. Ce n’est pas un vœu pieux : c’est une réalité documentée, progressive, et encore trop peu célébrée.
Selon l’OMS, l’espérance de vie en bonne santé dans la région africaine est passée à 56 ans en 2019, contre 46 ans en 2000, une hausse de dix années en deux décennies, supérieure à toutes celles observées dans les autres régions du monde sur la même période. Ce progrès est le fruit d’une volonté : vaccination, lutte contre le VIH, amélioration de la santé maternelle.
L’Algérie mène le classement des États indépendants avec 77,34 ans, suivie de la Tunisie et du Cap-Vert. Le Sénégal se distingue également avec 69,31 ans, soit un gain de plus de 12 ans en deux décennies. Des trajectoires remarquables pour des économies encore en développement.
Mais les inégalités demeurent abyssales. Des pays riches en ressources comme le Nigeria ou le Tchad restent à environ 53 ans d’espérance de vie, freinés par l’instabilité politique, les conflits et des systèmes de santé fragiles. Et le Rwanda, lui, affiche 69 ans d’espérance de vie, témoignant de ce que des politiques volontaristes, comme une assurance maladie universelle couvrant 92 % de la population, peuvent accomplir en l’espace d’une génération.
Le défi qui s’annonce est double : consolider ces gains face à la montée des maladies non transmissibles, diabète, hypertension, et financer des systèmes de santé capables d’absorber une population vieillissante. L’Afrique vieillit. Elle n’est pas encore prête pour ça.

















