Le pape Léon XIV a posé le pied sur le sol camerounais ce mercredi 15 avril, entamant la deuxième étape d’une tournée de dix jours dans quatre pays africains. Sa visite au Cameroun, prévue jusqu’au 18 avril, le mènera successivement à Yaoundé, Bamenda et Douala. Dès ses premières heures dans la capitale, le ton était donné : pas de langue de bois, pas de discours de façade.
Devant les autorités réunies au palais présidentiel, Léon XIV a exhorté les dirigeants camerounais à « oser faire un examen de conscience » et à « briser les chaînes de la corruption ». « La transparence dans la gestion des ressources publiques et le respect de l’État de droit sont essentiels pour rétablir la confiance », a-t-il déclaré. Une adresse directe, prononcée en présence du président Paul Biya, 93 ans, doyen des chefs d’État au monde.
Des milliers de fidèles s’étaient massés le long des routes de l’aéroport pour accueillir le souverain pontife sous un soleil de plomb, agitant des drapeaux du pays et du Vatican. « Ça fait tellement de bien que le pape vienne nous voir, car il y a tellement de problèmes dans ce pays », a confié Hélène Ebogo, 19 ans, venue attendre l’avion papal.
L’Église catholique représente une force de près de dix millions de fidèles au Cameroun, structurée en 26 diocèses répartis sur cinq provinces ecclésiastiques. Elle intervient dans la médiation sociale, la promotion de la paix, et gère un vaste réseau d’écoles et d’hôpitaux. C’est dans ce rôle d’interlocutrice morale que la parole pontificale prend toute son épaisseur, dans un pays qui se présente volontiers comme « l’Afrique en miniature » de par sa diversité linguistique, ethnique et confessionnelle.
L’étape la plus attendue reste Bamenda, capitale des régions anglophones du Nord-Ouest, épicentre d’un conflit qui dure depuis 2017 entre les forces gouvernementales et les séparatistes qui ont proclamé la « République d’Ambazonie ». Au moins 6 000 personnes ont perdu la vie dans cette crise depuis 2016, selon l’ONU. Giovanni Mbuna, un fidèle de 36 ans enlevé par des indépendantistes en 2023, résumait l’attente de toute une région : « Au moment où le pape foulera la terre de Bamenda, nous voulons la paix, tous les meurtres et les enlèvements doivent cesser. »
Mgr Andrew Nkea Fuanya, archevêque de Bamenda, a défini la mission du pape en ces termes : « Le Saint-Père vient comme messager de paix, ambassadeur de réconciliation et promoteur de justice. » Une formule qui résume à elle seule ce que le Cameroun attend de ces quatre jours.































