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Madagascar : Rajaonarison, l’homme de l’intégrité à la Primature

Rajaonarison
Rajaonarison

Madagascar tourne une page, dimanche après dimanche. La Grande Île, qui avait vu son président Andry Rajoelina fuir le pays en octobre 2025 sous la pression d’un mouvement de jeunesse historique, continue d’écrire laborieusement un nouveau chapitre. Le dernier en date porte un nom encore peu connu du grand public : Mamitiana Jeannot Ruffin Rajaonarison.

Le 15 mars 2026, au Palais d’État d’Iavoloha, le colonel Michaël Randrianirina, président de la Refondation de la République, a nommé Rajaonarison au poste de Premier ministre. Sa nomination intervient six jours seulement après la dissolution du gouvernement et le limogeage de son prédécesseur, Herintsalama Rajaonarivelo. Un remplacement rapide, dans un pays où la transition n’a pas fini de se chercher.

Le choix de cet homme dit beaucoup sur ce que le colonel Randrianirina tente de construire. Énarque et ancien officier supérieur de gendarmerie, Mamitiana Rajaonarison dirigeait jusqu’ici le Service de renseignement financier malgache (SAMIFIN), l’organisme chargé de lutter contre les flux financiers illicites et le blanchiment de capitaux. À ce poste, il s’est forgé une réputation d’homme intègre. Il a également servi au Bureau indépendant anti-corruption (BIANCO), deux institutions qui résument à elles seules le profil qu’on lui prête : celui d’un technocrate de la rigueur, imperméable aux compromis.

Le chef de l’État l’a dit sans détour lors de la cérémonie de nomination. Randrianirina a souligné que pendant la période de transition, Rajaonarison avait préféré démissionner plutôt que de céder à des pressions — un geste qui, selon lui, témoigne d’un sens élevé de l’éthique et de la responsabilité. « Notre pays a besoin de dirigeants intègres, qui osent prendre des décisions courageuses et ne se laissent pas amadouer par l’argent en plaçant l’intérêt général au-dessus de toute considération personnelle », a déclaré le président.

La mission est ambitieuse, les délais exigeants. Randrianirina a fixé le cap dès la cérémonie : « C’est à vous et au nouveau gouvernement de mettre en œuvre la politique du gouvernement, et moi-même et le peuple malgache exigeons des résultats rapides et précis. » Former un gouvernement, unifier les forces politiques, préparer les conditions d’une nouvelle Constitution et d’élections prévues pour fin 2027, autant de chantiers titanesques pour un homme qui prend ses fonctions dans l’urgence.

Le mouvement Gen Z, qui a porté la révolution de l’automne 2025, a accueilli cette nomination comme un premier signal positif. Mais le véritable test viendra lors de la formation du gouvernement. Le maintien ou non de la ministre de la Justice sortante, très appréciée par cette jeunesse, sera scruté comme un baromètre de la volonté de rupture.

Madagascar a la jeunesse pour elle. Elle a maintenant un homme de l’intégrité à la Primature. Ce que ça donnera, personne ne le sait encore. Mais pour la première fois depuis longtemps, certains à Antananarivo permettent à l’espoir de pointer le bout de son nez.

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