Connect with us

    Hi, what are you looking for?

    Oeil d'Afrique
    Oeil d'AfriqueOeil d'Afrique

    À la Une

    Ce que la guerre au Moyen-Orient fait à l’Afrique

    Guerre en Iran
    Mandatory Credit: Photo by Sobhan Farajvan/Pacific Press/Shutterstock (16584920a) A Shahed 136 kamikaze drone is displayed during an annual rally marking the 1979 Islamic Revolution at Azadi Square in Tehran, Iran, Wednesday, Feb. 11, 2026. Rally marking the 1979 Islamic Revolution, Tehran, Iran - 11 Feb 2026/shutterstock_editorial_Rally_marking_the_1979_Islamic_16584920a//2602121421

    Depuis dix-sept jours, le monde regarde le Moyen-Orient brûler. Depuis dix-sept jours, l’Afrique paie une facture qu’elle n’a pas demandée.

    Le 28 février, les frappes israélo-américaines sur l’Iran ont déclenché une spirale dont les effets se propagent bien au-delà du Golfe. La fermeture de facto du détroit d’Ormuz par l’Iran a provoqué une perturbation immédiate des livraisons mondiales de gaz et de pétrole, avec une hausse des prix du baril de plus de 15% depuis le déclenchement des frappes. Pour les économies africaines importatrices de pétrole, c’est un choc direct, brutal, et potentiellement durable.

    Bien que seulement 13% des importations africaines totales transitent par le détroit d’Ormuz, une perturbation dans cette zone aurait des conséquences importantes pour les économies du continent. Une interruption prolongée entraînerait une hausse des prix de l’énergie, une pression accrue sur les budgets et les réserves de change, et une augmentation des coûts pour le transport, l’électricité thermique et l’industrie.

    Ce n’est pas seulement le pétrole. C’est toute la chaîne logistique mondiale qui se reconfigure sous la pression du conflit. Francis Perrin, chercheur à l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), rappelle que juridiquement, l’Iran n’a pas le droit de bloquer le détroit d’Ormuz, mais que militairement, il en a la possibilité, étant avec Oman l’un des deux États riverains du passage.

    Le nouveau guide suprême iranien Mojtaba Khamenei, qui a succédé à son père tué le premier jour des bombardements, a déclaré dans son premier message que le détroit d’Ormuz devait rester fermé pour faire pression sur les États-Unis et Israël. Le signal est clair : aucune sortie rapide n’est à l’horizon.

    Pour l’Afrique, la leçon est cruelle mais connue : les crises qu’elle ne provoque pas sont souvent celles qui l’affectent le plus. La dépendance structurelle aux marchés énergétiques mondiaux, aux routes maritimes et aux devises étrangères place le continent dans une vulnérabilité permanente face aux soubresauts géopolitiques des autres. Le FMI a déjà constaté que de tels chocs énergétiques détériorent les déficits budgétaires, en particulier en Afrique subsaharienne, avec des devises locales sous pression en raison de l’augmentation des paiements en dollars pour l’énergie et le transport.

    Lire aussi

    Economie

    Casablanca a joué ce jeudi le rôle qu’elle s’est choisie depuis quelques années : carrefour continental. Le Palace d’Anfa a réuni pendant deux jours...

    Au quotidien

    Entre tensions sécuritaires persistantes, recompositions politiques et dynamiques économiques contrastées, l’actualité africaine de ce mercredi s’inscrit dans une continuité marquée par des équilibres fragiles....

    Ailleurs dans le monde

    Dans la nuit du 7 au 8 avril 2026, à une heure de l’expiration de l’ultimatum de Donald Trump, les États-Unis et l’Iran ont...

    À la Une

    Lagos n’est pas seulement la plus grande ville d’Afrique. C’est un fait économique à lui seul. Un port majeur, un écosystème tech qui finance...