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    Guerre au Moyen-Orient : les billets d’avion africains s’envolent avec le kérosène

    les billets d'avion africains s'envolent avec le kérosène

    La guerre ne tue pas seulement sur les champs de bataille. Elle frappe aussi dans les aéroports, les agences de voyage, et le porte-monnaie des familles africaines qui comptaient partir en juillet.

    Depuis la fermeture du détroit d’Ormuz conséquence directe des frappes israélo-américaines sur l’Iran fin février le prix du carburant d’aviation s’emballe à un rythme inédit. Et l’Afrique est en première ligne. Selon S&P Global, environ 70 % des importations africaines de carburant d’aviation transitent par ce détroit stratégique.

    +76 % en quelques semaines

    Les chiffres sont vertigineux. Le prix du baril de kérosène a bondi de 76 % depuis le début du conflit, atteignant 171 dollars soit deux fois le niveau du 2 janvier 2026, selon l’indice Platts.  Sur les marchés mondiaux, depuis fin février, le transport de carburant depuis les raffineries du Golfe est quasi paralysé, retirant 20 % des approvisionnements mondiaux en pétrole et gaz naturel liquéfié.

    Le résultat est immédiat pour les compagnies africaines. EgyptAir, Ethiopian Airlines, Royal Air Maroc et Kenya Airways subissent de lourdes pertes : annulation de liaisons vers le Moyen-Orient, surcoûts opérationnels, pression insoutenable sur leurs marges. Ethiopian Airlines, leader continental, aurait perdu environ 137 millions de dollars en une semaine selon des données sectorielles.

    Une dépendance structurelle mise à nu

    Ce choc révèle une fragilité que les spécialistes signalent depuis des années : le continent dépend fortement des hubs du Moyen-Orient pour ses connexions internationales. Les compagnies africaines ne font pas que s’y ravitailler elles y font escale, y connectent leurs passagers, y bâtissent une grande partie de leur modèle économique. Quand Dubai, Doha et Abu Dhabi sont perturbés, l’aviation africaine vacille.

    Face à l’urgence, certains transporteurs cherchent des contournements : escales techniques dans des zones moins coûteuses, ou quantité de carburant embarquée revue à la hausse au prix d’un poids supplémentaire qui augmente la consommation et réduit la rentabilité.

    Et pour le passager ?

    La hausse se répercute déjà sur les tarifs. Kenya Airways a annoncé des augmentations, d’autres compagnies suivront. Les experts estiment que les prix resteront élevés pendant des mois, même si la guerre s’apaise.

    Pour des millions d’Africains étudiants en Europe, familles de la diaspora, voyageurs d’affaires la guerre au Moyen-Orient vient de s’inviter dans leur budget. Le détroit d’Ormuz est à des milliers de kilomètres de Lomé ou de Dakar. Mais son blocage, lui, frappe très près.

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