Connect with us

    Hi, what are you looking for?

    Oeil d'Afrique
    Oeil d'AfriqueOeil d'Afrique

    Politique

    Guinée : Toumba Diakité meurt en prison

    Guinée : Toumba Diakité meurt en prison
    Guinée : Toumba Diakité meurt en prison

    Il avait tiré sur son chef. Il avait fui pendant des années. Il avait été jugé, condamné, incarcéré. Et il vient de mourir en prison, à 58 ans, dans des conditions qui soulèvent autant de questions que sa vie elle-même. Le commandant Aboubacar Diakité dit « Toumba » a été déclaré décédé le 25 mars 2026 à 04h35, dans un tableau clinique de hernie de la ligne blanche étranglée compliquée d’une péritonite aiguë généralisée.

    Il purgeait une peine de 10 ans de prison pour son rôle dans l’un des massacres les plus sanglants de l’histoire récente de l’Afrique de l’Ouest.

    28 septembre 2009 : le jour où tout a basculé

    Ce jour-là, des forces de sécurité et des militaires ont réprimé dans le sang un rassemblement de l’opposition au stade national de Conakry, faisant officiellement plus de 150 morts et des centaines de viols, selon les enquêtes internationales. Toumba, aide de camp du chef de la junte Moussa Dadis Camara, était au cœur du dispositif. Sa proximité troublante avec les hautes sphères de l’armée en faisait un personnage clé de ce qui allait être qualifié de crimes contre l’humanité.

    Deux mois après le massacre, un événement imprévu change tout. Le 3 décembre 2009, une altercation éclate entre Toumba et Moussa Dadis Camara. Convaincu que ce dernier s’apprête à le désigner comme unique responsable du massacre, Toumba ouvre le feu et blesse grièvement le chef de la junte. Cet acte précipite la chute du régime militaire — et envoie Toumba en exil, ballotté entre Bamako et Dakar pendant des années avant d’être arrêté et extradé.

    Une mort qui pose des questions

    Un rapport médical daté du 4 mars 2026 faisait déjà état d’une tuméfaction épigastrique, de douleurs abdominales persistantes, d’une constipation chronique et de troubles du sommeil — signaux cliniques sérieux, posés noir sur blanc, en présence du procureur et de l’avocat de la défense. L’alerte existait. La mort est quand même venue.

    Toumba connaissait sa pathologie. Il était lui-même médecin. Il avait évoqué l’existence de sa hernie dès 2023, expliquant devoir la contenir à l’aide de bandes faute de prise en charge adaptée. Comment une pathologie connue, identifiée, vécue au quotidien a-t-elle pu être laissée sans traitement jusqu’à devenir mortelle ?

    À noter que le colonel Claude Pivi, condamné à perpétuité dans la même affaire, était également décédé en détention en janvier 2026. Deux condamnés du 28 septembre morts en prison en l’espace de deux mois. La coïncidence frappe.

    Pour les familles des victimes du stade, cette mort dans l’ombre des cellules de Coyah est une nouvelle blessure. Le procès du 28 septembre leur avait offert une reconnaissance judiciaire. Ce qu’ils n’auront jamais, c’est l’entière vérité.

    Laisser un commentaire

    Leave a Reply

    Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

    Lire aussi

    Politique

    On l’a appelée révision « technique ». Elle n’a rien de technique. Ce mercredi 25 mars, le Parlement algérien réuni en congrès a adopté...

    Vous avez la parole

    Alors que certains agitent le spectre de la « soudanisation » depuis les colonnes de la presse étrangère, j’ai ressenti l’urgence de déconstruire cette...

    À la Une

    Il avait disparu de la scène médiatique depuis sa passation de pouvoir en 2019. Sept ans de silence. C’est la gravité de la crise...

    À la Une

    Il y a soixante-six ans, en ce même 21 mars, au moins 69 manifestants tombaient sous les balles des forces de l’apartheid à Sharpeville....