La pandémie de Covid-19 l’avait montré avec brutalité : dépendre de l’extérieur pour ses médicaments, ses tests, ses vaccins, c’est accepter d’être le dernier servi en temps de crise. Cinq ans plus tard, l’Afrique tire les leçons et pose les jalons d’une indépendance sanitaire qui n’est plus seulement un vœu pieux.
Les 4 et 5 mars derniers à Nairobi, experts, cliniciens et leaders réunis lors de l’Africa Press Day 2026 ont discuté de la souveraineté en santé à travers des systèmes intelligents et des investissements stratégiques. Au cœur des débats : comment le continent peut-il cesser d’être tributaire des agendas extérieurs pour garantir à ses populations l’accès aux soins ?
La Pre Salima Bouzeghoub a ouvert la discussion en soulignant qu’investir dans la santé est désormais une question de souveraineté nationale, et non plus simplement sociale. Selon elle, la souveraineté sanitaire signifie garantir de manière autonome et durable l’accès aux soins, aux diagnostics, aux vaccins et aux médicaments.
Sur le front de la recherche, le programme Africa Genomic travaille à la constitution d’atlas du génome africain, notamment pour les cancers du sein, colorectal et gastrique, afin de fournir aux cliniciens des données adaptées aux réalités locales. Car sans données africaines, impossible de soigner les maladies africaines avec précision.
La voie est tracée. Elle passe par l’investissement local, la formation de leaders, l’autonomie de la recherche. Comme l’ont affirmé les participants, le futur de la santé en Afrique doit être vécu par les Africains, avec la science africaine et pour les communautés africaines.





















