Il y a des scrutins qui parlent par leur résultat. Celui du 15 mars 2026 au Congo-Brazzaville a parlé surtout par son silence — celui, électronique, imposé à tout un pays.
Les bureaux de vote ont fermé ce dimanche, mettant fin à un scrutin présidentiel dont le déroulement a été éclipsé par une mesure drastique : la coupure totale des réseaux téléphoniques et d’internet sur l’ensemble du territoire, confirmée par l’observatoire NetBlocks. Dans l’obscurité numérique, une élection s’est tenue.
Denis Sassou Nguesso, 82 ans et plus de quatre décennies cumulées au pouvoir, briguait un nouveau quinquennat face à six candidats sans réelle assise politique. Les principaux partis d’opposition ont boycotté le scrutin. L’issue n’a surpris personne.
L’opposition radicale avait qualifié le processus de « simulacre ». Vivienne, diplômée sans emploi de 33 ans, résumait la défiance générale : « Je ne vote pas. Ici, il n’y a pas de démocratie. »
Presque la moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté malgré les richesses pétrolières du pays, selon la Banque mondiale. La famille présidentielle a par ailleurs fait l’objet de plusieurs enquêtes pour détournements de fonds, notamment en France dans l’affaire dite des « biens mal acquis ».
La constitution empêche en principe Sassou Nguesso de se représenter en 2031, soulevant l’inévitable question de sa succession. Il a affirmé qu’il ne resterait « pas une éternité au pouvoir » et que le « tour » des jeunes « viendra ». Brazzaville attend de voir.





















