Les Léopards dames de basket fauteuil, championnes d’Afrique des moins de 25 ans, doivent partir en stage en Afrique du Sud d’ici le début de novembre. Le président de la Fédération congolaise de basketball sur fauteuil, Gege Kizubanata, l’a annoncé le jeudi 22 octobre 2026 à Kinshasa. Il assure avoir reçu des garanties du chef de l’État et du ministre des Sports, sept mois après un appel à l’aide des joueuses qui risquaient d’être exclues de leur propre tournoi.
Les joueuses sont arrivées de plusieurs provinces et sont regroupées dans la capitale, où elles récupèrent avant de reprendre les entraînements intensifs. L’équipe est « pratiquement au complet », selon le président de la fédération, qui ne cache pas son ambition pour la première Coupe du monde de la sélection. « Je ne pars pas pour participer. Je pars pour être sur le podium. Nous ne représentons pas seulement la RDC, mais toute l’Afrique », a-t-il déclaré.
La compétition visée est le championnat du monde féminin des moins de 25 ans de la Fédération internationale de basketball en fauteuil roulant (IWBF). Selon le calendrier publié par l’IWBF, il se jouera du 11 au 17 juin 2027 à São Paulo, au Centre d’entraînement paralympique brésilien, des dates encore provisoires. La RDC y sera la seule équipe africaine de basket fauteuil : elle a gagné l’unique billet de la zone en remportant le championnat d’Afrique, joué à domicile en mars.
Ce titre a failli ne jamais exister. Le mercredi 18 mars, après une troisième victoire en trois matchs, les joueuses ont lancé un appel public : les frais de participation au tournoi, estimés à 73 000 dollars, n’avaient pas été payés, et la sélection risquait la disqualification à Kinshasa, dans une compétition organisée par la RDC elle-même. « Nous avons gagné tous nos matchs, mais nous avons un grand problème. Aucun frais de participation n’a été payé. Nous sommes délaissées, abandonnées », avait dit l’une d’elles, qui demandait l’appui du président de la République et de la Première dame. « Nous faisons l’honneur du pays, mais ce sont les moyens qui nous manquent », avait-elle ajouté.
La RDC n’a pas été exclue. Le 20 mars, elle battait le Kenya 60 à 24 en finale. Quelques jours plus tard, Félix Tshisekedi recevait l’équipe et son trophée à la Cité de l’Union africaine. « Grâce à vous, on va encore parler de la RDC sous une belle image », leur a-t-il dit, selon la présidence. Le ministre des Sports et la ministre déléguée chargée des personnes vivant avec handicap, présents, ont plaidé pour une meilleure prise en charge de l’équipe.
Six mois plus tard, l’équipe n’était toujours pas réunie. Le 11 octobre, Bienvenu Michel Chrysos, responsable du développement du basketball en Afrique centrale, déplorait que le stage n’ait pas commencé alors que la liste des joueuses était publiée, et interpellait les ministères des Sports, du Budget et des Finances pour qu’ils accélèrent le décaissement. « Les filles devaient déjà être en formation », s’indignait-il. « On ne peut pas espérer un résultat alors qu’on ne donne pas les moyens aux filles de travailler. » Il annonçait l’envoi d’un courrier officiel aux autorités et dénonçait une forme de discrimination envers les athlètes en situation de handicap.
Le regroupement de Kinshasa est intervenu dans les jours qui ont suivi cette alerte. Il ouvre une longue préparation : environ sept mois séparent le départ annoncé pour l’Afrique du Sud du premier match à São Paulo, et chaque étape devra être financée.
Gege Kizubanata appelle les Congolais à soutenir l’équipe dans ce qu’il présente comme un défi historique. En mars, il avait fallu un appel des joueuses en plein tournoi pour que la question de l’argent soit posée publiquement. D’ici juin, ce sont les garanties d’octobre qui devront se voir sur le terrain.
Œil d’Afrique