Ce dimanche 15 mars, un coup de téléphone a retenu l’attention des chancelleries des deux rives de la Méditerranée. Le chef de la diplomatie française Jean-Noël Barrot s’est entretenu pour la première fois depuis plusieurs mois avec son homologue algérien Ahmed Attaf, pour évoquer les enjeux de la relance de la coopération bilatérale. Leur dernier échange formel remontait au mois de novembre 2025, en marge d’une réunion du G20 à Johannesburg.
Signal d’une normalisation en cours ? Les indices s’accumulent. Selon des informations relayées par plusieurs médias, le retour de l’ambassadeur de France à Alger, Stéphane Romatet, serait désormais acté par les deux capitales. Un retour hautement symbolique, après une crise qui avait vu, en 2025, des expulsions mutuelles de diplomates et un gel profond des relations bilatérales.
La crise avait atteint son paroxysme sur fond de contentieux migratoire, de l’affaire Boualem Sansal et du dossier du Sahara occidental. Mais la géopolitique a ses raisons que la raison ignore parfois. Des experts notent que cette réouverture du dialogue pourrait permettre de poursuivre des discussions cruciales dans un contexte international marqué par la crise au Proche-Orient. Le Sahel instable, l’énergie en tension, la migration : autant de dossiers qui rendent la coopération franco-algérienne difficilement contournable pour les deux parties.
La presse française qualifie ce rapprochement de « normalisation par les dossiers », une trêve de raison dictée par des urgences partagées. Côté algérien, on rappelle que le respect mutuel et la souveraineté demeurent des conditions non négociables.
Le retour effectif de l’ambassadeur constituera le premier test de la solidité de ce nouveau chapitre. L’histoire entre Paris et Alger a l’habitude des réchauffements suivis de coups de froid. Cette fois, les deux capitales semblent décidées à aller plus loin — prudemment.





















