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Élection au Tchad : rejet des recours, le Conseil constitutionnel confirme l’élection de Mahamat Idriss Déby

Au Tchad, le président du Conseil constitutionnel, Jean-Bernard Padaré, a pris le temps d'expliquer en détail la décision de l'institution rejetant les recours, notamment celui d'Albert Pahimi Padacké, qui demandait l'annulation des votes dans cinq provinces pour espérer monter à la deuxième place du scrutin remporté par Mahamat Idriss Déby.

Dans une décision de 12 points, le parti de Succès Masra réclamait quant à lui l'annulation totale de l'élection, s'appuyant sur son propre décompte pour revendiquer la "vérité des urnes".

Face au siège vide du candidat numéro 7, réservé à Succès Masra, le Conseil a déclaré qu'il n'y avait "pas assez de preuves et pas assez de précisions dans les allégations". Celui-ci était l'un des deux seuls adversaires de Mahamat Idriss Déby à avoir boudé la cérémonie.

Les rectifications apportées par le Conseil aux chiffres de l'autorité électorale (Ange) sont minimes. Le président de la transition est officiellement élu avec 61 % des voix, contre 18,54 % pour son Premier ministre et 16,93 % pour Albert Pahimi Padacké. Le taux de participation s'élève à 75,78 %.

Succès Masra a adopté un ton apaisant après ces annonces, reconnaissant ne plus avoir de voie de recours juridiques. Il a appelé à la préservation du pays, à la patience et au service du peuple "à tous les échelons".

Albert Pahimi Padacké était représenté par son directeur de campagne, qui a regretté le rejet des recours mais a accepté la décision du Conseil, estimant que la page de la présidentielle était désormais tournée.

Jeudi dernier, l'annonce des résultats provisoires avait été suivie de tirs de joie qui avaient fait au moins 10 morts. Ce jeudi, après l'annonce du Conseil constitutionnel, l'ambiance à Ndjamena était calme, sans crépitement d'armes ni déploiement massif de forces de l'ordre. Le centre-ville était très calme, presque désert, rappelant un "dimanche après-midi", selon un habitant.

Les autorités policières et militaires avaient rappelé l'interdiction des tirs. De nombreuses personnes, craignant des troubles, avaient également pris leurs dispositions pour partir tôt, tandis que de nombreux organismes avaient demandé à leurs employés de travailler de chez eux.

Oeil d'Afrique



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