Le président Bassirou Diomaye Faye a clarifié publiquement les termes de sa relation avec le Premier ministre Ousmane Sonko : le maintien en poste est conditionnel à sa confiance et aux résultats. Une déclaration qui marque une nouvelle étape dans la rupture progressive entre les deux têtes de l’exécutif sénégalais.
Le message était clair. Bassirou Diomaye Faye ne cherchait pas à rassurer. Interrogé sur sa relation avec son Premier ministre, le président sénégalais a posé les termes avec une froideur institutionnelle qui n’a rien de protocolaire : Ousmane Sonko reste en poste tant qu’il a sa confiance. Le jour où ce n’est plus le cas, il part.
« Tant qu’il est Premier ministre, c’est parce qu’il bénéficie de ma confiance. Si cela n’est plus, nous aurons un nouveau Premier ministre », a déclaré Faye, avant d’ajouter : « Le jour où je n’aurai pas satisfaction, je mettrai le Sénégal en avant. »
C’est peu dire. En mars, quand Oeil d’Afrique avait décrit le glissement du duo en duel, la fracture était déjà lisible. Sonko avait menacé de quitter le gouvernement si le président s’écartait de la ligne politique commune. Faye, lui, avait lancé en parallèle sa propre coalition, « Diomaye président », structure autonome construite hors du PASTEF. Deux chefs sur un même navire, chacun tenant une barre.
Depuis, les tensions n’ont pas refroidi. Elles ont pris une forme plus sourde, plus institutionnelle. La déclaration de Faye sur les conditions du maintien de Sonko n’est pas une sortie à chaud. Elle documente un rapport de force qui s’est déplacé.
La question de l’éligibilité de Sonko en 2029 reste le vrai fond du problème. Sa condamnation pour diffamation, confirmée en appel, l’exclut du jeu présidentiel pour cinq ans, sauf renversement judiciaire ou réforme constitutionnelle. Faye le sait. Sonko le sait. Et les deux hommes savent que cette inéligibilité change la géographie du pouvoir : l’un peut se projeter vers 2029, l’autre cherche encore une porte de sortie juridique.
































