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Zambie : la promesse de zéro délestage repose encore sur le lac Kariba

Le 24 septembre, la centrale solaire de Maamba, 100 MWac, a injecté ses premiers mégawatts dans le réseau de ZESCO. Le même jour, le secrétaire permanent du ministère de l’Énergie, Arnold Simwaba, déclarait que le gouvernement n’anticipe pas de délestage cette année. Le lendemain, Exergy et Mercuria annonçaient à Lusaka un financement de 250 millions de dollars pour des projets de production et de transport d’électricité. La promesse de 2026 tient d’abord à un lac Kariba bien plus plein qu’il y a un an.

Mur du barrage de Kariba et ses vannes au-dessus du Zambèze, réservoir dont dépend la promesse de zéro délestage en Zambie
JonGT · CC BY-SA 4.0

Le 24 septembre, la centrale solaire de Maamba, 100 MWac, a injecté ses premiers mégawatts dans le réseau de ZESCO. Le même jour, le secrétaire permanent du ministère de l’Énergie, Arnold Simwaba, déclarait que le gouvernement n’anticipe pas de délestage cette année. Le lendemain, Exergy et Mercuria annonçaient à Lusaka un financement de 250 millions de dollars pour des projets de production et de transport d’électricité. La promesse de 2026 tient d’abord à un lac Kariba bien plus plein qu’il y a un an.

C’est ZCCM Investments Holdings (ZCCM-IH) qui a annoncé l’entrée en phase de mise en service. Sa responsable des affaires institutionnelles, Loisa Mbatha, précise que la centrale doit encore passer les tests de synchronisation et de performance avant l’exploitation commerciale. Le projet a coûté environ 90 millions de dollars, et sa production est vendue à ZESCO pour vingt ans.

Le directeur général de Maamba Solar Energy Limited, Cyrus Minwalla, a inscrit la centrale dans les objectifs de l’État, cité par le Lusaka Times : « Le projet s’inscrit dans l’objectif du gouvernement d’atteindre 1 000 MW de solaire cette année et 10 000 MW cumulés d’ici 2031. » À Maamba, Maamba Energy exploite déjà 300 MW au charbon et en construit 300 autres.

Arnold Simwaba, interrogé le jeudi 24 septembre, répondait à une inquiétude précise. Des coupures intermittentes touchaient plusieurs quartiers, et une partie du public y voyait le retour du délestage. Il a écarté cette hypothèse pour l’année en cours et précisé qu’une annonce serait faite si la situation changeait. ZESCO avait déjà expliqué, le 20 septembre, que ces interruptions venaient de travaux de maintenance programmés avant la saison des pluies.

L’accord Exergy et Mercuria, signé à Lusaka et annoncé par communiqué le 25 septembre, porte une condition : les fonds sont versés sous réserve des autorisations réglementaires. Ils iront à deux filiales d’Exergy, Lunzua Power Company pour la production et Lusitu Transmission and Distribution Company pour le transport. Exergy présente ce portefeuille, dont plusieurs projets déjà engagés selon le communiqué, comme une contribution à l’objectif national de 10 000 MW en 2031. Exergy se dit en position d’aider à faire en sorte que « les difficultés énergétiques passées du pays ne se répètent pas ».

Ce vocabulaire a un précédent. En juillet 2022, devant l’Association des sociétés d’électricité d’Afrique réunie à Dakar, le directeur général de ZESCO de l’époque, Victor Mapani, annonçait une capacité installée de 3 456,8 MW pour une demande de pointe d’environ 2 300 MW. « Nous avons donc un excédent de 1 156,8 MW disponible pour les échanges sur le réseau interconnecté du SAPP », déclarait-il.

Dix-neuf mois plus tard, en février 2024, le président Hakainde Hichilema déclarait la sécheresse de la saison 2023-2024 catastrophe nationale, et l’Energy Regulation Board décrétait l’état d’urgence électrique le 12 avril 2024, constatant l’incapacité de ZESCO à satisfaire la demande nationale. Selon le ministère de l’Énergie, le délestage national a duré du 8 mars 2024 à novembre 2025.

L’excédent de 2022 était un calcul sur la capacité installée. Il supposait des barrages pleins.

Le 10 février 2026, devant le Parlement, le ministre de l’Énergie Makozo Chikote a donné l’écart en chiffres. La capacité installée atteignait 3 880 MW, mais la production nationale disponible n’était que de 1 635 MW, en raison de « contraintes hydrologiques et opérationnelles ». Le pays importait 511 MW, honorait 175 MW d’exportations contractuelles, et disposait au total de 1 971 MW pour une demande d’environ 2 400 MW, selon le texte de sa déclaration publié par le ministère. Le même jour, il demandait à ZESCO et à l’Energy Regulation Board d’enquêter sur l’épuisement trop rapide des unités prépayées dont se plaignaient les abonnés.

En février, le délestage avait cessé, mais le réseau tenait grâce aux importations régionales.

Fin juillet, le ministère affichait 4 576 MW installés, dont 841 MW de solaire, et écrivait que la Zambie passe « progressivement d’un déficit d’électricité vers un excédent ». Le 1er octobre, Arnold Simwaba évaluait la capacité solaire à environ 882 MW et jugeait l’objectif de 1 000 MW à fin 2026 atteignable.

Le solaire change une partie du calcul, pas tout. Une centrale photovoltaïque ne produit rien la nuit, et ses 100 MWac sont une puissance de crête, pas une garantie à toute heure.

La variable qui a fait tomber la promesse de 2022 est toujours la même. Le 28 septembre 2026, le lac Kariba était à 480,97 mètres, soit 39,09 % de stockage utile, contre 477,70 mètres et 15,29 % un an plus tôt, selon les relevés de la Zambezi River Authority, l’autorité commune à la Zambie et au Zimbabwe. Le lac est en décrue saisonnière, comme chaque année avant les pluies. Il est exploitable pour l’hydroélectricité entre 475,50 et 488,50 mètres.

Les bonnes pluies de la saison 2025-2026 se sont traduites en eau turbinable. ZESCO a reçu pour 2026 une allocation de 15 milliards de mètres cubes pour la centrale de Kariba North Bank, contre 14 milliards en 2025 et 8 milliards en 2024, ce qui doit lui permettre de produire en moyenne environ 400 MW sur ce site toute l’année, selon la déclaration ministérielle de février.

La promesse d’Arnold Simwaba porte sur cette année, et cette année le lac le permet. Elle ne dit rien de 2027, qui dépendra de la saison des pluies qui approche et de l’allocation que la Zambezi River Authority fixera ensuite.

D’ici là, d’autres capacités doivent arriver : la centrale de 127 MW de Sunshare, que Hakainde Hichilema doit mettre en service en novembre selon Arnold Simwaba, et la seconde tranche de 300 MW au charbon de Maamba, en construction. Le chiffre à suivre sera la production disponible publiée par ZESCO quand le lac aura cessé de baisser, plus qu’un montant signé ou une capacité installée.

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