La grève des enseignants du pré-universitaire public ghanéen entre ce lundi 5 octobre dans son onzième jour. Le ministre de l’Éducation, Haruna Iddrisu, promet que les enseignants promus seront placés à leur nouveau grade et payés de leurs arriérés au plus tard le 30 octobre, avec une première tranche visée au 16 octobre. Les trois syndicats du pré-universitaire maintiennent leurs membres hors des classes tant que l’argent n’est pas versé.
Le mot d’ordre est tombé le vendredi 25 septembre, au lendemain de l’expiration d’un ultimatum. La Ghana National Association of Teachers (GNAT), la National Association of Graduate Teachers (NAGRAT) et la Pre-Tertiary Teachers Association of Ghana (PRETAG) ont lancé une grève illimitée sur trois revendications. La première porte sur les enseignants qui ont réussi les tests d’aptitude à la promotion de décembre 2025 et de février 2026 : leur nouveau grade devait s’appliquer au 1er janvier 2026, et la plupart touchent encore l’ancien salaire.
Les deux autres revendications sont plus anciennes. La convention collective des enseignants a expiré en juin 2026 sans être renégociée. L’indemnité de 20 % pour les zones défavorisées, destinée aux enseignants affectés dans les localités difficiles d’accès, n’a jamais été appliquée depuis 2009, selon le président de la PRETAG, King Ali Awudu.
Le nœud est administratif, et chaque maillon renvoie à l’autre. Fin septembre, le Controller and Accountant-General’s Department (CAGD), qui verse les salaires de la fonction publique, a indiqué avoir traité et payé 6 079 dossiers de promotion, arriérés compris depuis le 1er janvier, sur 58 620 attendus. Pour les autres, le service dit ne pas avoir reçu de la Ghana Education Service (GES), l’employeur, les pièces nécessaires au changement de grade. Les syndicats avancent le chiffre d’environ 80 000 enseignants concernés.
Thomas Tanko Musah, secrétaire général de la GNAT, conteste cette lecture. Selon lui, il avait été convenu en négociation qu’aucun enseignant promu n’aurait à fournir de nouveau document et que le CAGD reclasserait les salaires automatiquement. « Nous ne travaillons pas pour le Controller, nous travaillons pour le gouvernement », a-t-il déclaré dimanche, en demandant à l’État d’ordonner lui-même le paiement.
Le gouvernement a choisi de faire le travail de validation dans l’urgence. Dimanche 4 octobre, Haruna Iddrisu a visité le centre où les agents de la GES vérifient les dossiers des enseignants promus. La GES a jusqu’à ce lundi, 16 heures, pour transmettre au CAGD les données d’au moins 51 000 enseignants. Son directeur général, le professeur Ernest Kofi Davis, vise entre 51 000 et 52 000 dossiers. Une fois ces données remises, le ministère des Finances doit débloquer un paiement supplémentaire pour la première tranche, attendue au 16 octobre.
La veille, devant des enseignants réunis au GNAT Hall d’Accra pour un symposium du National Teaching Council, le ministre avait engagé sa parole :
« Le gouvernement a accepté que je suis responsable d’honorer mes obligations d’employeur envers tous les enseignants. Et nous avons accepté de payer leurs arriérés. Nous les honorerons. Si au 30 octobre 2026 vos arriérés de promotion ne sont pas payés, alors je n’aurai plus d’honneur. »
Il a aussi annoncé que la Fair Wages and Salaries Commission recevrait les syndicats ce mardi 6 octobre pour négocier la nouvelle convention collective, en leur donnant « d’une semaine à un mois » pour signer dans le cadre déjà accepté par les autres syndicats de la fonction publique. Sur l’indemnité des zones défavorisées, un comité associant les syndicats et le Ghana Statistical Service doit dresser la liste des localités et des enseignants éligibles. Le ministre a précisé qu’elle serait attachée au poste : un enseignant affecté à Tumu, dans l’Upper West, pourra y prétendre, et la perdra s’il est muté dans un établissement d’Accra.
Les syndicats n’ont pas bougé. Ils ont demandé à leurs membres de rester chez eux jusqu’au versement des nouveaux salaires et des arriérés. Le ministère de l’Éducation, lui, s’inquiète pour le calendrier scolaire qu’il venait de rétablir : pour la première fois depuis des années, élèves et étudiants de la maternelle à l’université avaient fait leur rentrée en septembre.
Deux dates disent désormais si la promesse tient. Le 16 octobre, la première tranche doit apparaître sur les fiches de paie. Le 30 octobre, l’ensemble des enseignants promus doit être payé et reclassé. La première vague ne couvre pas tout le monde : le ministre parle lui-même de 52 000 dossiers validés sur 80 000, et les 28 000 autres n’ont, pour l’instant, que l’échéance du 30 octobre.
Œil d’Afrique






































