L’Intersyndicale du secteur de la santé (ISS-RDC) appelle les agents des structures sanitaires du pays à une grève générale à partir du jeudi 15 octobre 2026. Dans sa lettre au vice-Premier ministre, ministre de la Fonction publique, elle reproche au gouvernement de ne pas avoir tenu ses engagements. Parmi ses revendications, la plus ancienne remonte à 2002 : c’est la date de la dernière promotion en grade pour la majorité des professions de santé.
La grève de la santé arrive au bout d’un calendrier écrit. Le 18 septembre, l’intersyndicale avait envoyé un ultimatum de 72 heures, référencé MSPHPS/CNISS/BCBS/AB/065/2026. Le 30 septembre, elle déposait un préavis de sept jours. Les deux courriers sont restés, selon la lettre, « sans suite satisfaisante ».
Ce jour-là, à Kinshasa, le coordonnateur de l’intersyndicale, Jean-Fidèle Boyoo, avait posé la condition devant la presse :
« Si le vice-Premier ministre de la Fonction publique, celui qui représente le Gouvernement par rapport à notre cause, ne parvient pas à trouver des réponses favorables, les agents et cadres du secteur de santé vont aller en grève. »
La liste porte sur la carrière autant que sur la paie. L’admission sous statut est suspendue depuis 2023. Le réajustement du barème salarial est promis depuis octobre 2023. Les agents réclament aussi la mécanisation au salaire de base, l’alignement sur la prime de risque professionnel et le paiement des arriérés de cette prime. S’y ajoutent la réaffectation des agents en attente d’affectation, la création d’une fonction publique hospitalière et une place pour les représentants des agents dans la mise en œuvre de la Couverture santé universelle.
Trois mois plus tôt, le gouvernement annonçait la fin d’une grève. Le 10 juillet 2026, au Conseil des ministres présidé par Félix Tshisekedi, une note d’information faisait état d’un consensus avec les syndicats de la santé, après des discussions tenues le 23 juin au ministère des Finances et le 7 juillet au ministère de la Santé publique. Le gouvernement s’y engageait à intégrer la paie complémentaire dans l’état liquidatif à partir du troisième trimestre, à aligner 200 médecins et à donner la priorité à la santé dans les opérations de mécanisation. Les deux parties devaient examiner en août l’alignement des autres catégories professionnelles du secteur.
Le consensus avait été contesté le jour même de son annonce. Le Syndicat national des médecins (Synamed) affirmait que sa grève continuait. Son secrétaire exécutif provincial pour Kinshasa, le Dr Patrick Boloko, relevait que le procès-verbal n’avait pas été signé par le vice-Premier ministre chargé du Budget ni par le ministre des Finances, et qu’il ne comportait aucun chronogramme. Il ajoutait que les syndicats des infirmiers et des paramédicaux présents à la table n’étaient pas en grève à ce moment-là.
En octobre, ce sont les autres métiers de la santé qui posent leurs conditions. Le dossier de leur alignement devait être examiné en août ; l’ISS-RDC réclame aujourd’hui l’alignement à la prime de risque professionnel. L’intersyndicale met aussi en garde tout responsable administratif ou hiérarchique qui tenterait d’empêcher le mouvement par des pressions, des menaces ou des représailles.
Elle ne ferme pas la porte. « Notre Intersyndicale reste disposée à participer à toute rencontre sérieuse et constructive susceptible de conduire à une solution négociée, pourvu que les échanges débouchent sur des engagements précis, un calendrier réaliste d’exécution et des mécanismes de suivi », écrit-elle. Un calendrier et un suivi : ce sont les deux éléments que le Synamed disait absents du procès-verbal de juillet.
Œil d’Afrique





































