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    Ebola en RDC : le cap des 3 000 morts franchi, la riposte réclame 1,3 milliard de dollars

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    Au 31 août 2026, la République démocratique du Congo comptait 6 186 cas confirmés d’Ebola, 3 007 décès et 1 409 guérisons, selon l’Institut national de santé publique (INSP), chiffres repris par 7sur7.cd et Actualité.cd. Le taux de létalité s’établit à 48,6 %. Déclarée à la mi-mai en Ituri, la dix-septième épidémie congolaise a tué en un peu plus de trois mois plus de monde que celle de 2018-2020 en deux ans, avec ses quelque 2 300 morts.

    Soixante zones de santé sont touchées dans six provinces. L’Ituri en concentre 27, le Nord-Kivu 15, la Tshopo 7, le Haut-Uélé 6, le Bas-Uélé 3, le Sud-Kivu une seule. Le suivi des contacts atteint 86,3 %, pour un objectif fixé à 95 %.

    Le chiffre qui commande la suite n’est pas celui des morts mais celui du lieu où ils meurent. « La plupart des décès surviennent encore au sein des communautés plutôt que dans les centres », a déclaré le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, le 3 septembre. Un malade qui meurt chez lui n’a été ni isolé ni traité, ses contacts n’ont pas été recensés, et son enterrement relance une chaîne de transmission que la riposte devra remonter des semaines plus tard.

    La zone de santé de Niania, en Ituri, montre ce que change une inversion de cette courbe. Elle enregistrait il y a un mois une dizaine de décès communautaires par jour. Elle en compte aujourd’hui quatre, selon des sources médicales locales citées par Radio Okapi le 24 août. Le cumul depuis mai y reste lourd, 196 cas confirmés et 123 décès, soit une létalité de 62 %. Ce qui a bougé ne relève pas de la technologie médicale. L’adhésion de la population aux mesures barrières s’est améliorée, le trafic entre l’Ituri et le Haut-Uélé a été suspendu, les chefs coutumiers ont pris la sensibilisation à leur compte. Dans la chefferie de Baboa Bokoe, huit chefs de groupement ont signé un acte d’engagement en faveur de la riposte fin août.

    Le contre-exemple est à quelques kilomètres. Dans les quartiers de Bunia et à sa périphérie, à Nizi, Iga-Barrière ou Centrale Soleniama, des habitants continuent de contester l’existence de la maladie et refusent les enterrements sécurisés. Le centre de traitement de PK 51 avait été saccagé, provoquant le déplacement d’environ la moitié de la population de la localité vers d’autres provinces.

    Ces zones de refus ne sont pas seulement affaire de croyances. À Bunia, les centres de traitement ont connu des grèves. Le ministère de la Santé publique, dirigé par Samuel Roger Kamba, les a attribuées aux retards dans le paiement des primes et aux conditions de travail du personnel. Plus de quarante soignants sont morts d’Ebola depuis le début de l’épidémie. Une riposte dont les agents cessent le travail faute d’être payés perd en quelques jours le capital de confiance qu’elle a mis des mois à construire dans un quartier.

    C’est sur ce point que le débat sur l’argent se déplace. Le plan gouvernemental de riposte pour les six prochains mois est chiffré à 1,3 milliard de dollars. Le plan humanitaire 2026 pour la RDC, qui couvre onze millions de personnes ayant besoin d’assistance, en demande 2,1 milliards, dont 300 millions pour les seules activités liées à Ebola. Plus d’un milliard a déjà été mobilisé, dont 57 millions débloqués par le fonds central d’urgence des Nations unies et plus de 68 millions annoncés par le Royaume-Uni. Le sous-secrétaire général aux affaires humanitaires, Tom Fletcher, résume l’arbitrage en une phrase : « Plus on tarde, plus le coût en vies humaines et en ressources est élevé. »

    Africa CDC a placé la question ailleurs que dans le volume. Son directeur général, Jean Kaseya, décrivait mi-août un rythme d’un décès toutes les trente minutes et une épidémie déjà plus meurtrière, en douze semaines, que toutes celles qu’a connues la RDC. Sur les six recommandations formulées par l’agence de l’Union africaine, deux touchent au portefeuille sans coûter cher : une riposte organisée à l’échelle des villages, et un personnel de santé rémunéré à échéance régulière. La plus onéreuse, la transparence financière de la coordination, ne coûte rien du tout.

    Deux points de comparaison existent déjà sur le terrain. Au Sud-Kivu, la zone de santé de Miti-Murhesa totalisait 91 jours sans nouveau cas confirmé au 31 août, avec une riposte réduite à la sensibilisation et au démenti des rumeurs. Au Nord-Kivu, où 823 cas et 574 décès étaient recensés au 30 août, Butembo est devenue le second épicentre avec 540 cas positifs. L’Ouganda, qui a mis fin à l’épidémie sur son propre territoire, y finance intégralement la construction d’un centre de traitement de 60 lits dans la concession de l’Institut technique agricole et vétérinaire, à Kimemi, avec un laboratoire capable de rendre un diagnostic en moins de quatre heures et une gestion assurée conjointement par des médecins ougandais et congolais.

    Un pays voisin construit à Butembo ce que la riposte nationale peine à financer à Bunia. La question posée à Kinshasa n’est plus de savoir si l’argent arrivera, il arrive. Elle est de savoir s’il descendra jusqu’aux primes des équipes de terrain et aux chefs de groupement qui négocient les enterrements, ou s’il s’arrêtera aux niveaux où il est plus simple de le dépenser. Le premier cas du Bas-Uélé a été confirmé le 12 août. La sixième province touchée l’a été trois mois après la première.

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