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Législatives au Maroc : le PAM gagne avec 97 sièges, six inscrits sur dix ne sont pas allés voter

Le Parti authenticité et modernité (PAM) arrive en tête des élections législatives du 23 septembre au Maroc, avec 97 sièges sur 395, selon les résultats provisoires annoncés dans la nuit par le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit. Il gagne sans majorité, sur un scrutin où la participation est tombée à 38,08 %, son plus bas niveau depuis 2007. Le parti vainqueur doit maintenant bâtir une coalition d’au moins 198 députés, avec un budget 2027 à déposer au Parlement avant le 20 octobre.

Panneaux d'affichage presque vides pour les législatives au Maroc, rue Abou Taour à Casablanca, le jour du scrutin du 23 septembre 2026
B. Soubeyrand · CC BY-SA 4.0

Le Parti authenticité et modernité (PAM) arrive en tête des élections législatives du 23 septembre au Maroc, avec 97 sièges sur 395, selon les résultats provisoires annoncés dans la nuit par le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit. Il gagne sans majorité, sur un scrutin où la participation est tombée à 38,08 %, son plus bas niveau depuis 2007. Le parti vainqueur doit maintenant bâtir une coalition d’au moins 198 députés, avec un budget 2027 à déposer au Parlement avant le 20 octobre.

Le classement redistribue les places au sein de la majorité sortante plus qu’il ne la renverse. Le Rassemblement national des indépendants (RNI) d’Aziz Akhannouch, vainqueur de 2021 avec 102 sièges, tombe à 66. Le Parti de l’Istiqlal passe de 81 à 65. Le PAM, troisième partenaire de cette majorité, gagne dix sièges et prend la tête. À eux trois, les partis de la coalition sortante totalisent 228 sièges, au-dessus du seuil de la majorité absolue.

La surprise vient de l’opposition islamiste. Le Parti de la justice et du développement (PJD), qui s’était effondré à 13 sièges en 2021, en obtient 54 et devient la quatrième force de la Chambre des représentants. Derrière, le Mouvement populaire compte 29 sièges, l’Union socialiste des forces populaires 26, le Parti du progrès et du socialisme 19, contre 22 il y a cinq ans.

Le chiffre qui pèse sur la suite est celui de la participation. Le ministère de l’Intérieur l’a d’abord donnée à 38,02 % à la fermeture des bureaux, mercredi à 19 heures, puis Abdelouafi Laftit l’a portée à 38,08 % en présentant les résultats provisoires. En 2021, elle atteignait 50,35 %. Il faut remonter à 2007, autour de 37 %, pour trouver plus bas.

Ce taux s’applique à des listes déjà réduites. Le ministère de l’Intérieur recensait 15,8 millions d’inscrits en juillet, contre près de 18 millions en 2021, une baisse concentrée chez les moins de 35 ans. Près de six millions de Marocains ont donc voté mercredi. En 2021, la moitié des 18 millions d’inscrits s’était déplacée.

La campagne s’était pourtant jouée sur le terrain le plus quotidien qui soit, le coût de la vie. Le PAM y défendait un programme chiffré à 350 milliards de dirhams sur la période 2027-2031, dont 150 milliards pour le seul pouvoir d’achat. Son principal animateur, Fouzi Lekjaa, ministre délégué chargé du Budget du gouvernement sortant, avait lancé début septembre que les 280 milliards de dirhams dépensés au nom du pouvoir d’achat pendant la législature n’avaient « servi à rien ». Le RNI a perdu 36 sièges. La participation, elle, a reculé de douze points.

Jeudi à Rabat, Fatima Zahra El Mansouri, coordinatrice de la direction collégiale du PAM et ministre de l’Aménagement du territoire et de l’Habitat du gouvernement sortant, s’est présentée devant la presse en chef de parti. Elle a ouvert toutes les portes. « Il n’y a pas de parti avec lequel nous refusons d’échanger autour de la même table. Nous croyons en le dialogue et la concertation », a-t-elle déclaré, selon LesEco.ma, en renvoyant le choix des alliances aux instances du parti.

La désignation du chef du gouvernement ne lui appartient pas. L’article 47 de la Constitution confie au roi le soin de le nommer au sein du parti arrivé en tête. Fatima Zahra El Mansouri a dit qu’elle serait heureuse d’être choisie, et qu’elle respecterait la décision royale si le nom retenu était celui de Fouzi Lekjaa. Deux noms circulent dans la presse marocaine : le sien, celui de la maire de Marrakech qui dirige l’appareil depuis 2024, et celui du ministre du Budget, qui a porté la campagne dans les meetings.

Le PJD, lui, a déjà choisi son camp. Son secrétaire général, Abdelilah Benkirane, a exclu jeudi toute entrée dans un gouvernement dirigé par le PAM. « Il n’y a absolument aucune place pour notre participation avec ces gens-là », a-t-il déclaré devant le secrétariat général du parti, selon Maroc Hebdo. Le Conseil national du PJD doit formaliser cette position samedi.

La majorité à constituer n’a pas beaucoup de temps. La session d’octobre du Parlement s’ouvre le deuxième vendredi d’octobre, le 9 octobre cette année. La loi organique relative à la loi de finances impose le dépôt du projet de budget 2027 sur le bureau de la Chambre des représentants au plus tard le 20 octobre. Onze jours séparent l’ouverture de la session du dépôt du texte qui dira ce que valent, en dirhams, les promesses de la campagne.

Les résultats de ces législatives au Maroc restent provisoires. Leur proclamation revient aux commissions de recensement présidées par des magistrats, circonscription par circonscription, à partir des procès-verbaux des bureaux centraux. Le nouveau gouvernement, quelle que soit sa couleur, gouvernera au nom d’une Chambre élue par un peu plus d’un tiers des inscrits.

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