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Afrique du Sud : Herman Mashaba pose son veto à Helen Zille, Johannesburg attend son maire

Les élections municipales du 4 novembre en Afrique du Sud ont désigné des conseillers, pas des maires. Au dépouillement partiel du 5 novembre, aucun parti n’atteint la majorité dans les trois métropoles du Gauteng, Johannesburg, Tshwane et Ekurhuleni. Dans la capitale économique, Johannesburg, le sort de la mairie dépend d’un homme arrivé loin derrière : Herman Mashaba, le chef et candidat d’ActionSA à la mairie, qui refuse de gouverner avec la candidate de l’Alliance démocratique (DA), Helen Zille.

Herman Mashaba, chef d'ActionSA, en 2017 lorsqu'il était maire de Johannesburg, enjeu des élections municipales en Afrique du Sud
US Embassy South Africa · domaine public, recadrée

Les élections municipales du 4 novembre en Afrique du Sud ont désigné des conseillers, pas des maires. Au dépouillement partiel du 5 novembre, aucun parti n’atteint la majorité dans les trois métropoles du Gauteng, Johannesburg, Tshwane et Ekurhuleni. Dans la capitale économique, Johannesburg, le sort de la mairie dépend d’un homme arrivé loin derrière : Herman Mashaba, le chef et candidat d’ActionSA à la mairie, qui refuse de gouverner avec la candidate de l’Alliance démocratique (DA), Helen Zille.

Plus de 12 millions d’électeurs, sur 29,2 millions d’inscrits, avaient voté à 17 heures, selon la Commission électorale. Le 5 novembre à 10 heures, un quart des 23 696 bureaux de vote avaient été dépouillés. Sur ce premier quart, le Congrès national africain (ANC) recueillait 31,7 % des voix au scrutin de circonscription et la DA 29,2 %, à 61 000 voix d’écart. Le parti uMkhonto weSizwe (MK) de Jacob Zuma, qui dispute sa première élection municipale, suivait avec 5,7 %, devant les Combattants pour la liberté économique (EFF) de Julius Malema, à 5,2 %.

Ces chiffres sont provisoires et la Commission électorale proclamera les résultats officiels le dimanche 8 novembre. S’ils tiennent, l’ANC perdrait près de quatorze points par rapport aux municipales de 2021, où il avait réuni 45,59 % des voix.

À Johannesburg, la DA menait le décompte provisoire avec 40,33 %, devant l’ANC à 16,77 % et ActionSA à 15,46 %. Le conseil de la ville compte 270 sièges, il en faut 136 pour gouverner seul. Aucun sondage publié avant le scrutin ne donnait cette majorité à un parti.

C’est là qu’intervient Herman Mashaba. L’homme d’affaires, maire de Johannesburg de 2016 à 2019 sous les couleurs de la DA, a démissionné en 2019 quand Helen Zille est revenue à la tête du conseil fédéral du parti. Sept ans plus tard, il pose une condition simple à la DA : retirer Helen Zille s’il veut gouverner avec ActionSA. La DA, de son côté, a exclu tout accord avec l’EFF et avec le parti MK. Si Herman Mashaba tient sa ligne, la DA n’aura qu’un partenaire assez lourd pour compléter une majorité, l’ANC, le parti qu’elle a accusé pendant toute la campagne d’avoir mené la ville à la ruine.

Le calendrier presse. La loi sur les structures municipales impose de réunir le nouveau conseil dans les quatorze jours qui suivent la proclamation de son élection. C’est en principe à cette première séance que les conseillers élisent leur maire.

La scène se répète bien au-delà de Gauteng. Dans le Cap-Nord, sur les quatorze conseils entièrement dépouillés le 5 novembre au matin, neuf n’avaient pas de majorité. À Kamiesberg, l’ANC a obtenu cinq des onze sièges, un de moins que la majorité. Le Daily Maverick projetait jusqu’à 110 conseils sans majorité dans le pays une fois tous les résultats connus.

Ces négociations ne se tiendront pas dans les mairies. L’ANC a fait savoir que ses alliances seraient décidées par sa direction nationale, et non région par région. La DA s’oriente dans la même direction. Du côté de l’ANC, le secrétaire général Fikile Mbalula devrait faire partie de l’équipe de négociation. À la DA, le chef du parti Geordin Hill-Lewis, le président fédéral Solly Msimanga et Ashor Sarupen sont pressentis. Au parti MK, un seul négociateur décide : Jacob Zuma. À l’EFF, Julius Malema.

Pour l’ANC, ce choix est risqué. En 2024, quand la direction nationale voulait que le parti gouverne le Gauteng avec la DA, le Premier ministre provincial Panyaza Lesufi avait refusé la consigne et formé son exécutif avec d’autres partis. Les sections de Johannesburg et d’Ekurhuleni, où se jouent des postes et des marchés municipaux, pourraient faire de même si le siège leur impose la DA.

Tshwane, la capitale administrative, offre le cas le plus serré. Au décompte provisoire, ActionSA y devançait l’ANC de moins d’un point, 29,01 % contre 28,08 %, la DA arrivant troisième avec 19,32 %. Le parti d’Herman Mashaba pourrait y revendiquer la mairie, tout en restant courtisé à Johannesburg par deux camps qui se disputent l’autre.

Si les résultats sont proclamés le 8 novembre comme prévu, les nouveaux conseils devront se réunir au plus tard vers le 22 novembre. Les électeurs ont choisi leurs conseillers. Les maires, eux, sortiront de bureaux où ils n’entrent pas.

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