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Crash de Kenge : la Haute Cour militaire perd son premier président et l’auditeur général des FARDC

Le crash de Kenge, vendredi 25 septembre, a tué les deux plus hauts magistrats militaires de la RDC : le lieutenant-général Joseph Mutombo Katalayi Tiende, premier président de la Haute Cour militaire, et le lieutenant-général Lucien-René Likulia Bakumi, auditeur général des FARDC. Trois jours plus tôt, la Haute Cour militaire avait mis en délibéré le procès du général Philémon Yav, où les deux hommes se faisaient face.

Un LET L-410 d'une autre compagnie sur la piste de l'aéroport de Kikwit, même type d'appareil que celui du crash de Kenge
BlueSalo · CC BY-SA 3.0

Le crash de Kenge, vendredi 25 septembre, a tué les deux plus hauts magistrats militaires de la RDC : le lieutenant-général Joseph Mutombo Katalayi Tiende, premier président de la Haute Cour militaire, et le lieutenant-général Lucien-René Likulia Bakumi, auditeur général des FARDC. Trois jours plus tôt, la Haute Cour militaire avait mis en délibéré le procès du général Philémon Yav, où les deux hommes se faisaient face.

L’appareil, un LET L-410 de la compagnie Tracep selon Radio Okapi, avait quitté l’aéroport de Kikwit à 13 h 50. Il s’est écrasé vers 14 h 05 à Kenge, chef-lieu du Kwango, selon le maire de la ville, Noël Kuketuka Mbemba, qui s’est rendu sur place. Le vice-gouverneur Rémy Saki a décrit la scène à Actualite.cd : « Il cherchait par où atterrir, il n’a pas pu, il a fait quelques tours et il est allé s’écraser dans une parcelle. » L’avion est tombé dans le quartier Manzawu, commune de Masikita, sans faire de victime au sol selon les autorités provinciales.

Le bilan a varié tout au long de la soirée. Les autorités provinciales ont d’abord annoncé 13 morts. Rémy Saki, qui assure l’intérim du gouverneur, a ensuite donné 17 morts à l’Agence congolaise de presse : « On a découvert 16 corps de personnes adultes et le corps d’un bébé. » Selon lui, 13 militaires et quatre civils, dont un enfant, étaient à bord. Le communiqué des FARDC, signé par leur porte-parole, le général-major Sylvain Ekenge, fait état des deux officiers généraux, de douze membres de leur délégation et des membres de l’équipage, sans chiffre total. Des données de vol publiées par Tryphon Kin-Kiey Mulumba, président du conseil d’administration de la Régie des voies aériennes, comptent 16 personnes à bord, dont quatre membres d’équipage, et indiquent que le vol n’avait pas été coordonné par l’aéroport de Kikwit, rapporte Actualite.cd. L’identification des victimes se poursuit.

La délégation revenait d’une mission de service à Kikwit, selon l’armée et selon le compte rendu du Conseil des ministres de vendredi, où le président Félix Tshisekedi a annoncé le crash aux membres du gouvernement.

Joseph Mutombo Katalayi présidait la Haute Cour militaire, la juridiction devant laquelle comparaissent les officiers généraux. Lucien-René Likulia dirigeait depuis mars 2021 l’auditorat général, le parquet militaire qui porte l’accusation devant elle. Les deux fonctions se font face dans chaque procès devant cette cour, et leurs titulaires ont disparu le même jour.

Le dossier le plus immédiat est celui du lieutenant-général Philémon Yav Irung, ancien commandant de la 3e zone de défense, poursuivi pour trahison et participation à un mouvement insurrectionnel. Le 3 septembre, Lucien-René Likulia avait requis contre lui la servitude pénale à perpétuité, avec circonstances atténuantes, selon Radio Okapi. Le 22 septembre, la Haute Cour militaire a clos les débats et mis l’affaire en délibéré. Joseph Mutombo avait alors annoncé un arrêt « dans le délai légal », rapporte Enquete.cd. La formation qui a entendu les débats a perdu son président avant d’avoir rendu sa décision.

D’autres audiences sont en cours devant la même cour. L’auditorat général y poursuit le général d’armée Christian Tshiwewe Songesha, ancien chef d’état-major général des FARDC, et le général John Numbi, ancien inspecteur général, avec sept autres officiers, selon Actualite.cd. C’est aussi cette juridiction, présidée par Joseph Mutombo, qui a condamné à mort l’ancien président Joseph Kabila, sur réquisitions de l’auditeur général, selon Actualite.cd et 7sur7.cd.

C’est le deuxième LET L-410 de Tracep perdu en deux mois. Le vendredi 24 juillet, un avion-cargo LET L-410 de Tracep Congo Aviation, parti de l’aéroport de Mavivi à Beni avec près de deux tonnes de marchandises vers Kachungu, au Sud-Kivu, avait disparu après un message de détresse signalant la panne d’un moteur, selon Radio Okapi. L’épave a été retrouvée le 26 juillet dans le territoire de Walikale. Le commandant de bord était mort, le copilote a survécu.

Vendredi soir, l’enquête sur le crash de Kenge commençait sans la boîte noire. « On est en train de chercher la boîte noire, on ne l’a pas retrouvée. Peut-être que demain, avec la lumière du jour, on pourrait la découvrir », a déclaré Rémy Saki à l’ACP. Une équipe d’experts est arrivée de Kinshasa par hélicoptère, une autre était attendue par la route. Le gouvernement provincial a ordonné de sécuriser le site et de « préserver les éléments utiles à l’enquête ». L’armée dit avoir diligenté ses propres investigations sur « les circonstances réelles et les causes exactes » de l’accident, et le ministère de la Défense doit en préciser les circonstances, selon le compte rendu du Conseil des ministres.

Deux dossiers restent ouverts à Kinshasa : la suite des procès des généraux, privés de leur président et de leur accusateur, et l’enquête technique sur un appareil dont l’exploitant avait déjà perdu un LET L-410 en juillet.

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