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RDC – Combats à Walikale : deux fronts du Kivu rouverts malgré le cessez-le-feu de Doha

Les combats à Walikale ont repris samedi 26 septembre entre l’armée congolaise, appuyée par les wazalendo, et l’AFC/M23 sur les collines de Kazumba, Kasumba et Tchad, au-dessus de Mindjendje, selon Actualite.cd. Plus au sud, dans le territoire de Walungu, la société civile de Kaniola accuse les rebelles d’avoir tué trois civils le 24 septembre. Sur l’axe routier entre Masisi et Walikale, des centaines de motards sont de nouveau bloqués.

Vue des collines et de la localité de Walikale, au Nord-Kivu, où les combats à Walikale ont repris le 26 septembre 2026
MONUSCO / Sylvain Liechti · CC BY-SA 2.0

Les combats à Walikale ont repris samedi 26 septembre entre l’armée congolaise, appuyée par les wazalendo, et l’AFC/M23 sur les collines de Kazumba, Kasumba et Tchad, au-dessus de Mindjendje, selon Actualite.cd. Plus au sud, dans le territoire de Walungu, la société civile de Kaniola accuse les rebelles d’avoir tué trois civils le 24 septembre. Sur l’axe routier entre Masisi et Walikale, des centaines de motards sont de nouveau bloqués.

La route a fermé la première. Depuis le jeudi 24 septembre, la circulation est interrompue sur l’axe Nyabiondo-Kashebere-Mungazi, qui relie les territoires de Masisi et de Walikale, rapporte Radio Okapi. La fermeture est imposée par les belligérants. Pour les conducteurs de motos-taxis qui font la liaison entre Goma, Masisi et Walikale, la coupure arrive dix jours après la réouverture du tronçon, rétabli le 15 septembre après les combats précédents. Des centaines de motards sont restés bloqués de part et d’autre, ou ont dû rebrousser chemin.

Le lendemain matin, les combats ont repris autour de Remeka, dans le groupement Ufamandu 1er, en territoire de Masisi. Le centre de Remeka est repassé sous contrôle de l’AFC/M23 vendredi soir, selon les sources d’Actualite.cd, quelques jours après sa reprise par les FARDC et les wazalendo. Samedi, les rebelles ont attaqué les positions de l’armée à Kaleta, et des tirs de drones ont visé la colline de Miko, près de Katuunda.

Le même samedi, le front de Walikale s’est rallumé. Dans le groupement Kisimba, les combats ont commencé dans la matinée autour des collines qui dominent Mindjendje, dans la localité de Banakindi, et se poursuivaient l’après-midi. Les détonations s’entendaient à une dizaine de kilomètres, jusqu’à Pinga, selon des sources locales citées par Actualite.cd, qui signalent aussi un drone attribué à l’AFC/M23 au-dessus de Pinga pendant la nuit. Aucun bilan n’était disponible. Mindjendje a déjà changé de mains deux fois ce mois-ci : la position était passée aux rebelles le 10 septembre, puis l’armée l’avait reprise le 15. Ses habitants, comme ceux de Mpety et de Mera, avaient fui vers Pinga lors des vagues précédentes.

À Walungu, au Sud-Kivu, le registre est celui de l’accusation. Dans une lettre adressée au Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme, à la MONUSCO et au CICR, la société civile Forces vives du groupement de Kaniola dénonce des « crimes de guerre » commis par l’AFC/M23 et met en cause un officier du mouvement qu’elle nomme, rapporte Radio Okapi. Elle énumère quatre jours de faits : deux enseignants torturés le 21 septembre à Nzibira-Luntukulu, un chauffeur de taxi de Kalengera rançonné de 30 000 francs congolais puis battu à mort le 23 septembre à Kashanja, et trois civils tués le 24 septembre à Kaniola alors qu’ils rentraient d’un match des Léopards.

La mort de ces trois hommes à Kaniola est aussi rapportée par 7sur7.cd, qui cite des habitants selon lesquels l’un a été tué au couteau et les deux autres par balles, et par le site Mashariki RDC, où l’ancien vice-ministre de la Justice Amato Bayubasire Mirindi a condamné ces trois morts. L’AFC/M23 n’avait pas réagi publiquement à ces accusations le 25 septembre, selon le site Réel Actu. La société civile de Kaniola réclame le départ « immédiat et sans condition » de l’officier qu’elle accuse.

Ces deux fronts tombent dans un calendrier diplomatique chargé. Le 20 septembre, l’armée avait dénoncé des attaques de l’AFC/M23 « sur plusieurs fronts dans l’axe Walikale-Masisi en violation des accords de Doha et de Washington », dans un communiqué signé par le lieutenant Marc Elongo, porte-parole du gouverneur militaire du Nord-Kivu, cité par l’ACP. Les FARDC disaient respecter le cessez-le-feu « jusqu’à nouvel ordre », tout en revendiquant leur droit de riposte. Le vendredi 25 septembre, à Kanombe, dans le Rutshuru, le coordonnateur politique de l’AFC/M23, Corneille Nangaa, affirmait devant les cadres de son mouvement : « Nous sommes à Doha, bien entendu. Parce qu’au-delà de la lutte, nous sommes aussi artisans de la paix. » Il ajoutait, à l’adresse de Kinshasa : « Mais nous sommes prêts, prêts à tout. »

Le mécanisme censé surveiller ce cessez-le-feu avance lentement. Signé à Doha le 14 octobre 2025, le mécanisme de supervision et de vérification du cessez-le-feu n’était appliqué qu’à 17,3 % à la fin août, selon le Baromètre des Accords de Paix en Afrique, cité par Actualite.cd. Sur les huit protocoles prévus par l’accord-cadre de Doha du 15 novembre 2025, deux seulement étaient conclus. Après une première mission de vérification à Minembwe fin août, les équipes se sont rendues à Masisi du 10 au 12 septembre, d’après un communiqué de la CIRGL. Deux semaines plus tard, les combats ont repris dans ce même territoire.

Dimanche matin, un autre front s’est ouvert à Walikale, sans lien avec l’AFC/M23 : deux factions du groupe armé Raiya Mutomboki s’affrontaient depuis cinq heures à Karete, dans le groupement Bakano, selon Actualite.cd. Les habitants se sont dispersés dans la brousse et la circulation s’est arrêtée sur l’axe Itebero-Hombo. Pour les motards de la route de Masisi comme pour les transporteurs d’Itebero, la réouverture des axes dépend désormais de ce qui se passera sur les collines.

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