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Guinée-Bissau : l’armée interdit le retour d’Umaro Sissoco Embaló, candidat à la présidentielle du 6 décembre

Umaro Sissoco Embaló ne rentrera pas à Bissau dimanche 4 octobre. Dans son communiqué n° 07/ACM/2026, publié jeudi 1er octobre, le Haut Commandement militaire pour la restauration de la sécurité nationale et de l’ordre public, au pouvoir depuis le coup d’État du 26 novembre 2025, estime que « ne sont pas réunies, pour l’instant, les conditions de sécurité nécessaires pour garantir le retour sur le territoire national de l’ancien président de la République ». L’ex-chef de l’État venait d’annoncer sa candidature à l’élection présidentielle du 6 décembre.

Umaro Sissoco Embaló en 2021, ancien président de Guinée-Bissau dont l'armée interdit le retour
Marcos Corrêa/PR · CC BY 2.0

Umaro Sissoco Embaló ne rentrera pas à Bissau dimanche 4 octobre. Dans son communiqué n° 07/ACM/2026, publié jeudi 1er octobre, le Haut Commandement militaire pour la restauration de la sécurité nationale et de l’ordre public, au pouvoir depuis le coup d’État du 26 novembre 2025, estime que « ne sont pas réunies, pour l’instant, les conditions de sécurité nécessaires pour garantir le retour sur le territoire national de l’ancien président de la République ». L’ex-chef de l’État venait d’annoncer sa candidature à l’élection présidentielle du 6 décembre.

La décision a été prise lors d’une réunion consacrée à la situation politique, sociale et sécuritaire du pays. Les militaires la justifient « exclusivement » par la sécurité nationale, la préservation de l’ordre public et la prévention de situations qui pourraient compromettre « la stabilité et la tranquillité sociale ». Le texte ne fixe aucune date pour réexaminer ces conditions.

Le même communiqué maintient l’interdiction des manifestations, rassemblements et regroupements à caractère politique, en vigueur depuis le début de la transition, « jusqu’à nouvelle décision des autorités compétentes ». Il prévient que tout acte de désobéissance engagera la responsabilité de ses auteurs, et demande à la communauté internationale, au corps diplomatique, aux confessions religieuses et aux autorités traditionnelles de contribuer à la préservation de la paix.

En début de semaine, Umaro Sissoco Embaló avait annoncé sur les réseaux sociaux son « retour volontaire » au pays pour le dimanche 4 octobre, en appelant à ce que son arrivée se déroule dans « un climat d’harmonie, de tolérance et de respect mutuel ». Ses partisans appelaient à un « accueil chaleureux » à l’aéroport international de Bissau. Depuis Brazzaville, il a ensuite confirmé à Jeune Afrique qu’il serait candidat le 6 décembre. Le congrès de son parti, le Madem G15, est prévu les 16 et 17 octobre, avant le lancement d’une Plateforme républicaine qui réunit plus d’une dizaine de partis autour de sa candidature.

Deux jours avant le communiqué militaire, le Conseil national de transition, l’organe qui a pris les compétences du Parlement après le coup d’État, avait pourtant déclaré que tout citoyen bissau-guinéen avait « le droit de rentrer au pays » et de se présenter aux élections s’il remplissait les conditions requises.

Embaló a réagi dans la soirée du 1er octobre sur sa page Facebook. Il a appelé ses partisans au calme, dit respecter les décisions des autorités et réaffirmé sa candidature. « Notre lutte doit rester une lutte pacifique, démocratique et respectueuse de la loi », a-t-il écrit, en se disant « ferme, patient et déterminé » et en demandant que la justice examine sa candidature avec impartialité.

La décision tombe après une journée agitée. Mardi 29 septembre, des mouvements de militaires au palais présidentiel ont semé l’inquiétude dans la capitale, où des écoles et des bureaux ont fermé. Selon des sources citées par le quotidien portugais Observador, des membres de la garde présidentielle fidèles à l’ancien président ont été désarmés et arrêtés. Le gouvernement, par la voix du porte-parole du ministère de l’Intérieur, a démenti toute situation grave et parlé de simples changements d’affectation au sein des forces armées.

Le président de la transition, le général Horta Inta-A, a dirigé le coup d’État du 26 novembre 2025, survenu à la veille de la publication des résultats provisoires des élections générales tenues trois jours plus tôt. Il était jusque-là le chef de la sécurité d’Umaro Sissoco Embaló à la présidence. Depuis, le Conseil national de transition a fait adopter une nouvelle Constitution qui renforce les pouvoirs du président de la République, et le général a fixé au 6 décembre la date des élections présidentielle et législatives.

L’opposition doute des conditions du scrutin. Le chef du PAIGC, Domingos Simões Pereira, a qualifié de « choquante » la candidature de l’ancien président, en demandant s’il existe des garanties d’égalité et de sécurité pour tous les participants.

Le calendrier est désormais serré. La candidature d’Umaro Sissoco Embaló doit être examinée par la justice, et l’armée qui gouverne le pays lui ferme pour l’instant la porte du territoire, à un peu plus de deux mois du vote.

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