Le président sao-toméen Carlos Vila Nova a prêté serment pour un second mandat le 3 septembre 2026 dans la capitale de l’archipel, cinq ans après sa première investiture. La cérémonie, retransmise par la presse locale, s’est tenue sans incident et sans changement du cadre institutionnel : gouvernement en place, calendrier constitutionnel respecté, cohabitation avec le Premier ministre issue des dernières législatives préservée. C’est l’un des plus petits États d’Afrique, quasi absent des radars francophones, qui reconduit son chef de l’État dans les formes.
L’investiture est intervenue au terme d’une séquence électorale que le président sortant avait remportée au premier tour, sans que sa victoire ne soit contestée devant la Cour constitutionnelle sao-toméenne. Le discours d’investiture, mis en ligne par le portail sao-toméen Tela Non le 4 septembre, a été centré sur trois axes annoncés : la stabilité politique, la lutte contre la corruption et l’attractivité économique de l’archipel, en particulier pour la pêche et le tourisme. Vila Nova a rappelé son engagement à travailler avec le gouvernement en place, dans un pays où la cohabitation entre la présidence et la primature a structuré l’ensemble du mandat précédent.
Sao Tomé-et-Principe, deux cent trente mille habitants sur deux îles, tient une place singulière dans l’espace lusophone africain : membre fondateur de la CPLP avec Angola, Cap-Vert, Guinée-Bissau et Mozambique, l’archipel n’est passé sous les radars diplomatiques du Golfe de Guinée qu’à la marge, malgré sa position au large des côtes gabonaises et équato-guinéennes. La couverture presse en langue française reste rare. Le compte rendu régional de l’investiture a d’abord été relayé par la presse capverdienne, avec l’hebdomadaire Expresso das Ilhas, avant d’être repris par d’autres titres lusophones du continent.
Ce que le second mandat de Carlos Vila Nova ouvre concrètement se jouera moins dans le discours que dans deux dossiers déjà installés : l’exécution du programme de pêche artisanale, présenté depuis 2024 comme prioritaire, et la relation politique avec le Premier ministre. Sao Tomé fonctionne dans un régime semi-présidentiel où l’équilibre entre les deux têtes de l’exécutif a plusieurs fois vacillé au cours des dernières décennies. La reconduction du président sans changement de gouvernement au jour de l’investiture est un point d’appui institutionnel. Elle laisse ouvertes deux questions : la formation, ou non, d’un nouveau cabinet dans les prochaines semaines, et le calendrier des grandes lois sectorielles qui n’ont pas été votées sous le premier mandat.
L’archipel n’est pas anecdotique pour la région. Sa souveraineté sur les eaux qui l’entourent, la zone conjointe qu’il partage avec le Nigeria depuis 2001, et sa participation aux dialogues régionaux sur la sécurité maritime dans le Golfe de Guinée en font un acteur discret mais présent des équilibres du continent. Un président reconduit dans les formes, dans un pays où les institutions tiennent, est un point à noter dans une année où plusieurs voisins d’Afrique centrale et de l’Ouest traversent des séquences politiques bien plus tendues.